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Communiqué

Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM

Le budget fédéral déposé le 21 mars dernier annonçait un virage majeur dans le soutien qu’apporte le gouvernement fédéral au niveau de l’itinérance. La Stratégie de partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI) sera reconduite au 1er avril 2014, pour 5 ans, mais avec un budget réduit de 10 % et orientée vers un modèle, le Housing first. Cette nouvelle a suscité inquiétude et colère, car cette orientation menace un programme fédéral qui, sans tout régler, apporte des réponses en itinérance, y compris au niveau du logement.

Depuis 2002, les programmes fédéraux de lutte contre l’itinérance ont permis de soutenir différentes actions pour prévenir et réduire l’itinérance. Cette année, la SPLI contribuera pour 5 millions $ en soutien au travail d’accueil, d’accompagnement, de soutien à la réinsertion et de défense des droits menée à Montréal par plus de 90 intervenantEs dans un cinquantaine d’organismes.

Le programme a aussi permis d’améliorer les installations de dizaines d’organismes, leur permettant de mieux accueillir et soutenir les personnes en situation d’itinérance. Tous les refuges, les hébergements pour femmes et jeunes sans-abri en ont bénéficié. 

Une réponse majeure en logement !

Le programme fédéral a aussi contribué à la réalisation de centaines de logements sociaux pour hommes et des femmes en situation d’itinérance en complétant le financement du programme québécois AccèsLogis. Grâce au logement social avec soutien communautaire (une intervention pour appuyer leur stabilisation résidentielle) une réponse est ainsi apportée avec succès au besoin en logement des personnes en situation d’itinérance depuis maintenant plus de 30 ans.

Le Housing first

Depuis 2010, suite au financement apporté par le gouvernement fédéral à la Commission canadienne de la santé mentale, celle-ci a implanté, avec le Projet chez soi, un modèle de Housing first visant les personnes en situation d’itinérance chronique avec des problèmes de santé mentale.  Il privilégie une aide passant par le logement privé, moins coûteuse à court terme, mais dont la pérennité est inexistante et qui n’ajoute pas de logements.  À Montréal, 170 personnes  bénéficient ainsi d’une aide au logement et d’un important soutien.

Ce modèle apporte ainsi une réponse en itinérance, mais l’itinérance n’est pas qu’un problème de logement et de santé mentale. De plus, le Housing first n’est pas orientée vers la prévention, alors que l’itinérance est en croissance. Jeudi dernier 21 mars, plus de 730 hommes se sont retrouvés dans les refuges, un triste record.

Des réponses variées sont nécessaires

Bien qu’insuffisante, l’aide fédérale a permis une diversité de réponses à l’itinérance. Pour agir en amont, il faudrait qu’Ottawa soutienne le développement du logement social et la lutte à la pauvreté, ce que les budgets fédéraux de Paul Martin  à Flaherty n’ont pas fait depuis 20 ans. 

Le budget de la SPLI  depuis sa mise en place sous Jean Chrétien n’avait jamais été indexé. Ce n’est pas sa coupe et son orientation vers le Housing first qui va améliorer les choses. Pour 3 ans le budget du Projet chez soi  à Montréal était de 18 millions $, pour 3 ans aussi  celui de la SPLI de 23 millions $ … Si cette orientation est maintenue, que restera-t-il pour soutenir toutes les autres interventions actuellement soutenues et qui rejoignent plus de 25 000 personnes par an ? Que restera-t-il pour contribuer aux projets immobiliers : logements sociaux et installations des organismes, ce qui est une force de ce programme à Montréal ?

C’est dans un an que la nouvelle orientation fédérale doit rentrer en vigueur. Il est essentiel que celle-ci soit revue. Cette aide, qui est mise en place dans le cadre d’une Entente Canada-Québec doit impérativement permettre de continuer à soutenir différentes réponses pour réduire et prévenir l’itinérance. 

La SPLI doit aussi continuer de permettre aux régions par leur plan communautaire d’identifier les besoins et priorités à soutenir, non se les faire dicter par Ottawa et Calgary. De concert avec sa démarche de se doter d’une Politique globale en itinérance, le gouvernement du Québec devra y voir.

Le RSIQ se mobilise

Le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec a tenu coco d’urgence hier suite au budget Flaherty pour voir aux actions nécessaires pour que la SPLI conserve son caractère généraliste et communautaire. Les fonctionnaires et éluEs fédéraux seront informés de nos positions, dans les régions les membres du RSIQ mobiliseront tous les acteurs concernés. Le gouvernement du Québec sera évidemment interpellé. 

Nous vous reviendrons rapidement sur ces actions qui susciteront la participation des membres et alliés du RAPSIM., dont le lancement d’une campagne de vidéos sur la SPLI. Plus de détails la semaine prochaine.

Pour en savoir plus sur la mise en place de la Stratégie fédérale sur les sans-abri lire L’itinérance – Une histoire et des actions pour en sortir   www.rapsim.org

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