Le lundi 4 mars 2013
La ministre Maltais, le Parti Québécois et les coupures à l’aide sociale : qui dit la vérité ? – Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec tient à rétablir les faits
MONTRÉAL, le 4 mars 2013 – Suite aux propos tenus par la
ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, à
l’effet qu’il n’y aurait pas de compressions à l’aide financière de
dernier recours (aide sociale) puisque les personnes qui verront leur
prestation diminuée de 129$ pourraient avoir accès à une allocation
pour participer à un programme d’employabilité de 195$, le Front commun
des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) tient à rétablir
les faits.
Si le projet de règlement signé par la ministre Maltais devait entrer en
vigueur le 1er juin, il y aurait bel et bien des coupures à l’aide
financière de dernier recours, dont la définition est la suivante: aide financière octroyée […] aux personnes qui n’ont pas de ressources
suffisantes pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille;
elle regroupe le Programme d’aide sociale et le Programme de solidarité
sociale. Les programmes d’employabilité (parcours pour l’emploi, etc.) ne sont
pas des programmes d’aide de dernier recours. Les différences entre ces
deux types de programmes sont multiples (critères d’accès, durée,
recours en cas de refus, etc.) et nous invitons la ministre à en
prendre connaissance.
Les FCPASQ tient aussi à souligner que l’allocation de 195$ dont parle
la ministre ne parait nulle part dans le projet de règlement, ni dans
le document Tous pour l’emploi à laquelle elle s’est référée. Quant aux objectifs de ces changements,
le FCPASQ se questionne quant au fait que la ministre ait affirmé que
le but n’était pas de faire des économies, alors que le journal Le Soleil a appris qu’elle aurait mis l’accent sur l’état fragile des finances
publiques pour justifier sa décision auprès de ses collègues et que son
ministère aurait reçu du Conseil du trésor une «commande» de
compressions de 19 millions de dollars.
De plus, le FCPASQ maintient que la ministre a agi en catimini,
puisqu’elle a rencontré un groupe communautaire de défense des droits
des personnes assistées sociales de sa circonscription le 25 février et
qu’elle a choisi de ne pas les informer des changements substantiels
qu’elle avait l’intention d’implanter et qui allaient être publiés deux
jours plus tard dans la Gazette officielle.
La porte-parole du FCPASQ, Amélie Châteauneuf, explique comment se sont
senties les personnes assistées sociales face à l’attitude de la
ministre : « Le respect le plus élémentaire aurait été de nous informer
des changements proposés, qui sont les plus importants des dix
dernières années. Mais pour faire preuve de respect envers des
personnes, encore faut-il avoir de la considération pour elles; or, la
ministre diffuse des préjugés sur les personnes assistées sociales. Par
exemple, la ministre aurait affirmé au Soleil que ce n’est pas normal de donner 129 $ à quelqu’un pour qu’il reste à la
maison. Nous tenons à informer la ministre que les personnes assistées sociales
ne sont pas à la maison, mais bien dans les refuges et dans les banques
alimentaires, d’autres sont des proches aidants ou gardent leur
petits-enfants, d’autres se cherchent un emploi. Ces personnes aussi
contribuent socialement, quand elles ne sont pas occupées à temps plein
à essayer de survivre. La ministre est complètement déconnectée »
ajoute Mme Châteauneuf.
Questionnée sur les personnes qui, à la fin de leur parcours pour
l’emploi, n’arriveraient pas à se trouver un emploi, et devraient donc
survivre avec 604$, la ministre a affirmé « qu’elle [prenait le] le
pari qu’ils trouveront un emploi ». Que doit-on penser d’une ministre
qui fait un tel pari sur la vie des gens les plus appauvris et leur
capacité à subvenir à leurs besoins essentiels ? Nous sommes d’avis que
la ministre doit modifier son projet de règlement, en excluant toute
coupure dans le revenu des personnes et des familles, tout en
maintenant le projet d’offrir aux personnes assistées sociales de
participer à des programmes d’employabilité personnalisés et, surtout,
des formations qualifiantes » conclut Mme Châteauneuf.
Des mobilisations contre le projet de règlement s’organisent, notamment
aujourd’hui, à 11h00 devant le bureau de circonscription de la ministre
à Québec et le 13 mars devant le bureau de la ministre à Montréal. La
ministre a accepté de rencontrer le FCPASQ qui tentera de la convaincre
de faire marche arrière.
Renseignements :
Amélie Châteauneuf (514) 577-3279
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