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Communiqué

Des groupes dont Environmental Defense, Équiterre et Greenpeace
demandent à l’Office national de l’énergie (ONÉ) d’enquêter sur les
plans à long terme d’Enbridge pour faire circuler des sables bitumineux
à travers l’Ontario et le Québec pour l’exportation




MONTRÉAL, le 30 nov. 2012  – Enbridge, la compagnie
canadienne d’oléoducs, a déposé hier des documents règlementaires afin
de pousser de l’avant le renversement de la ligne 9B – susceptible
d’inclure des sables bitumineux – vers l’est en direction de Montréal.
L’annonce ouvre toute grande la porte au transport de sables bitumineux
corrosif à travers l’Ontario, le Québec et la Nouvelle-Angleterre pour
l’exportation, projet jadis connu sous le nom de « Trailbreaker ». Avec
cette demande, il devient évident que les compagnies pétrolières
planifient de faire transiter des sables bitumineux par l’est du
Canada, le Québec et la Nouvelle-Angleterre. Les citoyens et divers
groupes demandent à l’ONE d’examiner l’ensemble de ce plan visant
l’expansion des sables bitumineux, et font appel au Département d’État
des États-Unis afin d’exiger un examen environnemental exhaustif de
toute proposition de faire circuler des sables bitumineux par le
pipeline de la Nouvelle-Angleterre.



Depuis maintenant plusieurs années, des groupes comme Équiterre,
Environmental Defense, Greenpeace et le Natural Resources Defense
Council affirme qu’Enbridge entend acheminer du pétrole sale des sables
bitumineux jusqu’à Montréal afin de l’exporter vers les États-Unis et
outre-mer. Ce projet franchi une autre étape aujourd’hui.



« Nous croyons que l’ensemble de la population du Québec doit se
mobiliser contre ce projet, Enbridge a une feuille de route pitoyable
quant à la sécurité de ses pipelines et est responsable du plus
important déversement pétrolier en sol nord-américain en 2010 au
Michigan », a déclaré Steven Guilbeault d’Équiterre.



Dans la demande officielle d’hier à l’Office national de l’énergie du
Canada, la compagnie souhaite :



  • Le renversement de son pipeline « ligne 9 » vers Montréal afin de transporter du pétrole de l’ouest vers l’est.

  • Transporter du « brut lourd » de l’Ouest canadien ce qui inclurait des
    sables bitumineux.

  • Augmenter le flux du pipeline de 25 pour cent à 300 000 barils par jour.


« Québec ne peut s’en remettre au gouvernement Harper, à l’Alberta ou à
l’Office nationale de l’énergie en matière d’environnement et doit
refuser ce projet pour le bien commun des Québécois(es) », a souligné
Patrick Bonin de Greenpeace. « Si la province carbure un jour aux
sables bitumineux, elle deviendra complice de la plus grande
destruction environnementale de l’histoire de l’humanité et perdra son
statut de leader en environnement. »



L’ONÉ doit examiner tous projets ou modifications majeures de pipeline
au Canada, et a déjà approuvé le renversement d’une partie de la ligne
9 entre Sarnia, Ontario et Montréal. Maintenant, Enbridge demande à
l’ONÉ d’approuver la dernière partie du chemin vers Montréal. Des
citoyens de partout en Nouvelle-Angleterre ont exprimé leur crainte
liée au fait qu’il n’existe pas de processus similaire de révision aux
États-Unis. L’analogie la plus proche est un Permis présidentiel pour
les oléoducs transfrontaliers, qui peut être accordé par le Département
d’État des États-Unis et peut exiger une évaluation environnementale
exhaustive de projets de pipelines (chose qui est déjà obligatoire pour
le pipeline de sables bitumineux Keystone XL). Il est évident que le
projet d’Enbridge vise l’exportation vers Portland et, par conséquent,
il doit rapidement être soumis à l’obtention d’un Permis présidentiel.
Ce permis n’est octroyé que si un projet est dans l’intérêt national
des États-Unis, ce qui n’est clairement pas le cas avec le projet
d’Endbridge.



Un large éventail diversifié de citoyens et d’organisations de partout à
travers le nord-est a soulevé des préoccupations quant aux pipelines de
sables bitumineux au cours des dernières années. Par exemple :



  • En juin, une vaste coalition de 18 organisations de partout aux
    États-Unis et au Canada a sonné l’alarme au sujet du plan d’Enbridge
    avec la publication d’un rapport détaillé sur l’éventualité de
    l’arrivée des sables bitumineux en Nouvelle-Angleterre, en Ontario et
    au Québec.

  • En avril 2011, des citoyens des États-Unis et du Canada ont déposé 41
    000 commentaires à l’ONÉ du Canada contre la première phase du
    renversement de la ligne 9.

  • En juillet 2012, des milliers de citoyens de partout à travers la
    Nouvelle-Angleterre ont organisé une journée d’action afin d’exprimer
    leur préoccupation qu’un déversement de sables bitumineux pourrait être
    dévastateur pour les communautés locales de la Nouvelle-Angleterre et
    du Canada.


« Nous sommes persuadés à Dunham que l’oléoduc entre Portland et
Montréal, installé en 1950, ne pourra pas résister longtemps à
l’inversion, surtout si c’est du pétrole lourd des sables bitumineux.
Il faut absolument une étude environnementale et socio-économique faite
par des experts indépendants », a déclaré, Jean Binette, président,
Comité pour l’environnement de Dunham. « Il faut éviter un désastre
comme le déversement dans la rivière Kalamazoo au Michigan », a-t-il
ajouté.



Enbridge a préalablement nié vouloir acheminer des sables bitumineux
vers l’est, mais les preuves s’accumulent et tendent à démontrer que la
compagnie souhaite acheminer des sables bitumineux en Ontario, au
Québec et ensuite en Nouvelle-Angleterre. Dans l’annonce de la demande,
Enbridge et l’ONÉ reconnaissent que la Ligne 9 pourrait transporter du
« brut lourd » et que son but serait d’accéder au « brut de l’Ouest
canadien ». L’utilisation de ces termes indique que la ligne
transportera du pétrole de sables bitumineux, lequel est considéré
comme le pétrole le plus sale de la planète avec des répercussions
considérables sur le climat.



Des documents récents, obtenus en vertu de la Loi américaine sur la
liberté de l’information, ont révélé qu’à la fin 2011 l’industrie des
sables bitumineux et des représentants du gouvernement canadien ont
rencontré le gouverneur du Maine, Paul LePage, afin de promouvoir le
pétrole des sables bitumineux. Au cours des derniers mois, des
représentants de la Portland Pipe Line Corporation ont distribué de
l’information vantant le pétrole des sables bitumineux aux villes se
retrouvant sur le chemin du pipeline tout en continuant à nier que la
ligne transportera du pétrole brut de sables bitumineux. Le pipeline
traversant la Nouvelle-Angleterre, le pipeline Portland-Montréal, a été
récemment identifié comme un pipeline appartenant à ExxonMobil.
ExxonMobil a des intérêts directs dans les sables bitumineux.



Selon des groupes locaux et nationaux, le renversement complet de la
ligne 9 est presque certainement précurseur du renversement du pipeline
Portland-Montréal. Le pétrole des sables bitumineux est plus toxique,
corrosif et dangereux à transporter par pipelines mettant conséquemment
en danger des milieux sensibles du Québec tels la rivière des
Outaouais, le lac des Deux-Montagnes, la rivière des Mille-Îles et
celle des Prairies et le fleuve St-Laurent. Lorsqu’un déversement
survient, le pétrole des sables bitumineux cause plus de dommage à la
santé des humains et de l’environnement, et il est presque impossible à
nettoyer même moyennant d’énormes dépenses comme en a témoigné le
déversement de la rivière Kalamazoo au Michigan qui, après deux ans,
est encore en nettoyage et demeure le déversement de pipeline en terre
intérieure le plus dispendieux de l’histoire. Même dans sa forme la
plus raffinée de pétrole brut synthétique, les sables bitumineux ont
une importante empreinte sur l’environnement ainsi que sur le climat.



Le Gouvernement du Québec doit rapidement rassurer la population en
annonçant la tenue d’une évaluation environnementale par le Bureau
d’audience publique en environnement (BAPE).



Renseignements :

Loïc Dehoux, Équiterre, 514 605 2000
Catherine Vézina, Greenpeace, 514-212-5749


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