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Communiqué

LONGUEUIL, QC, le 21 nov. 2012 – La Commission populaire
itinérante sur le droit au logement, organisée à l’initiative du Front
d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), était de passage à
Longueuil, aujourd’hui, pour enquêter sur les problèmes d’habitation et
d’itinérance en Montérégie. Une trentaine de témoignages ont permis aux
commissaires, Alexa Conradi, Céline Bellot et Yannick. S. Mondion, de
prendre connaissance d’une diversité de problématiques qui représentent
autant de violations au droit au logement et à d’autres droits qui y
sont reliés. Ils provenaient à la fois de personnes directement aux
prises avec des problèmes de logement et d’organismes actifs à ce sujet
dans les villes de Longueuil, Granby, Beloeil, Beauharnois,
Salaberry-de-Valleyfield, ainsi que dans la Municipalité régionale de
comté du Roussillon.



La Commission, qui terminera ses travaux, ce vendredi, au terme de six
semaines de tournée qui l’auront menée dans les 17 régions
administratives du Québec, s’attèlera maintenant à la rédaction d’un
rapport qui devrait être présenté aux gouvernements fédéral et
québécois, en février 2013.



Une diversité de problèmes



Les problèmes de logement vécus par les femmes ont fait l’objet de
plusieurs témoignages. Elles comptent en effet pour 53 % des locataires
de la Montérégie, ce pourcentage montant à 58 % dans le cas  de
Beloeil. Or, elles doivent aussi, dans une plus forte proportion,
consacrer un pourcentage exagéré de leur revenu en loyer, ce qui les
oblige à couper dans leurs autres besoins essentiels, au premier chef
la nourriture. À Longueuil, par exemple, 59 % des ménages locataires
engloutissant plus de la moitié de leur revenu ont une femme comme
principal soutien financier.



D’autres témoignages ont mis en lumière les difficultés particulières
vécues par les familles, les personnes âgées ou handicapées, celles qui
ont un problème de santé mentale, les jeunes ou encore les ménages
immigrants.



L’enjeu de la salubrité des logements a également été soulevé,
principalement par les groupes de Salaberry-de-Valleyfield où 12 % des
logements ont besoin de réparations majeures, Beauharnois où ce
pourcentage est de 11 % et Longueuil où il atteint de 9 %. Annick
Frappier, du Comité de logement de Beauharnois, considère que «  le
fait de rester dans un logement insalubre viole seulement le droit au
logement, mais aussi celui à la santé et à la sécurité ».



Une autre question préoccupante soulevée lors de l’audience est
l’abandon grandissant de la construction de logements locatifs privés
au profit de celle de condominiums. À Longueuil, à peine 53 logements
locatifs ont été mis en chantier au cours des neuf premiers mois de
2012. C’est deux fois moins qu’à pareille date l’an dernier. C’est
surtout près de 12 fois moins que la construction d’unités de
condominiums qui, elle, a atteint le nombre de 611. Julie Leblanc de la
Maison La Virevolte se dit outré par ce phénomène : «  Où iront les
locataires qui n’ont pas les moyens de s’acheter des condos? ».



Ailleurs sur la Rive-Sud, la construction de 491 logements locatifs a
démarré au cours des trois premiers trimestres de 2012 contre celle de 
1 136 unités de condominiums. François Giguère, du Comité logement de
la Rive-Sud, soutient que «  sans la réalisation de logements sociaux
initiés par le milieu, la construction d’appartements locatifs serait à
peu près à zéro dans plusieurs municipalités de la Rive-Sud ».



Les gouvernements interpelés



Les autorités politiques se sont fait rappeler, tout au long de la
journée, qu’elles ont des responsabilités à l’égard de tous les droits,
dont celui au logement. Or, selon Jean-Claude Laporte, organisateur au
FRAPRU, «  les gouvernements s’acquittent peu ou mal de ces
responsabilités ».  Il veut pour preuve le budget présenté hier par le
ministre des Finances du nouveau gouvernement du Parti québécois,
Nicolas Marceau : «  Le budget avait l’occasion d’augmenter
significativement le nombre de logements sociaux financés annuellement
au Québec, ce qui aurait permis d’assurer le droit au logement d’un
plus grand nombre de personnes et de familles. Il s’est contenté de
respecter son engagement minimal de 3 000 logements sociaux, sans même
prévoir une planification à plus long terme ».



Le FRAPRU se tourne maintenant vers le gouvernement fédéral dont le
budget est prévu pour mars 2013, mais sans grands espoirs. Selon M.
Laporte, «  le gouvernement conservateur de Stephen Harper se moque
carrément des droits ». Il rappelle que le gouvernement se montre
insensible aux besoins des mal-logés et des sans-abri auxquels il
consacre présentement les plus bas investissements des dix dernières
années.



Renseignements :

Jean-Claude Laporte, FRAPRU, (514) 231-2309
François Giguère, Comité de logement social de la Rive-Sud (514) 577-6721 (cellulaire)
Julie Leblanc, Maison La Virevolte de Longueuil (514) 756-9988 (cellulaire)
Annick Frappier, Comité logement Beauharnois (514) 246-3001 (cellulaire)

www.commissionpopulairefrapru.org
Twitter : #cpi_frapru


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