Le jeudi 15 novembre 2012
L’IEDM fait passer les intérêts des fabricants de boissons sucrées avant la santé publique
MONTRÉAL, le 15 nov. 2012 – La Coalition québécoise sur la
problématique du poids (Coalition Poids) dénonce les conclusions du
récent rapport de l’Institut économique de Montréal (IEDM) qui fait la
promotion des intérêts des fabricants de boissons sucrées au détriment
de la santé publique. « Il faut se désoler qu’une organisation qui se
veut sérieuse tente de semer le doute sur la contribution des boissons
sucrées à l’épidémie d’obésité, alors des organismes reconnus tels que
l’Organisation mondiale de la Santé le confirment et qu’un nombre
grandissant de pays choisissent d’imposer une redevance sur les
boissons sucrées », affirme Suzie Pellerin, directrice de la Coalition
Poids.
Il s’agit d’une tactique utilisée par plusieurs lobbys pour échapper à
l’encadrement de leur industrie. Malgré tout, certains pays ont tenu
tête à cette pression et ont choisi de taxer les boissons sucrées.
D’ailleurs, la France a jugé tellement efficace sa taxe sur les
boissons sucrées implantée en janvier dernier qu’elle a adopté la même
mesure fiscale il y a quelques semaines pour limiter la consommation de
boissons énergisantes qui posent des risques bien particuliers,
notamment sur la santé de jeunes.
Les boissons sucrées coûtent cher à l’État
L’Organisation mondiale de la Santé a identifié les boissons sucrées
comme l’une des causes de l’épidémie d’obésité que nous connaissons
actuellement et qui a un impact considérable évalué à plus de 1,5
milliard $ sur les finances publiques du Québec. Les boissons sucrées
sont également la seule pratique alimentaire constamment associée au
surpoids chez les enfants. Malgré ces constats alarmants, les
fabricants de boissons sucrées dépensent des sommes énormes pour faire
la promotion de leurs produits, encourager une consommation toujours
plus grande et contrer l’encadrement de leur industrie.
À ce titre, l’étude proposée par l’IEDM comporte une erreur flagrante,
en rapportant uniquement la baisse de la consommation de boissons
gazeuses sans mentionner la multiplication des breuvages sucrés au
cours des dernières années, comme les boissons énergisantes, les eaux
vitaminées, les jus fortifiés, etc. La consommation de ces produits,
qui permettent aux fabricants de trouver de nouveaux débouchés pour les
boissons sucrées, ne doit pas être prise à la légère.
L’IEDM a également fait preuve d’une grande économie dans ses recherches
concernant la taxe danoise. En effet, le cas du Danemark est très
particulier puisque l’actuelle taxe vise des ingrédients précis comme
le gras et le sucre. Il s’agit d’une mesure trop complexe à appliquer.
La mesure danoise est donc très différente de la redevance sur les
boissons sucrées, telle que la réclament un nombre grandissant de
groupes et de professionnels à l’égard de ces produits à très faible
valeur nutritionnelle.
Une redevance juste et équitable
La Coalition Poids et ses quelque 220 partenaires réclament du
gouvernement d’instaurer une redevance sur les boissons sucrées et
énergisantes qui soit payée par les fabricants afin que ceux-ci
compensent l’État pour les dommages causés par la consommation de leurs
produits. Cette redevance permettra de financer d’autres actions de
prévention complémentaires afin de de répondre encore plus efficacement
à la problématique complexe de l’obésité.
À propos de la Coalition québécoise sur la problématique du poids
Créée en 2006 et parrainée par l’Association pour la santé publique du
Québec depuis 2008, la Coalition québécoise sur la problématique du
poids vise l’adoption de politiques publiques spécifiques à l’égard des
problèmes reliés au poids. Elle agit dans le cadre de trois secteurs
stratégiques (agroalimentaire, socioculturel et environnement bâti)
pour favoriser la mise en place d’environnements facilitant les choix
santé et la prévention des problèmes de poids. Pour plus de détails www.cqpp.qc.ca.
Renseignements :
Amélie Desrosiers
Responsable des communications, Coalition québécoise sur la problématique du poids
Téléphone : 514 598-8058 poste 233
Cellulaire : 514 475-7431
adesrosiers@cqpp.qc.ca
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