Le lundi 5 novembre 2012
Au milieu de sa Commission populaire sur le droit au logement, le FRAPRU s’étonne des ambiguïtés de la première ministre Marois
MONTRÉAL, le 4 nov. 2012 – Après quatre semaines d’audience
de la Commission populaire itinérante sur le droit au logement qui ont
démontré toute l’ampleur et l’urgence des problèmes de logement partout
au Québec, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
s’étonne des propos tenus à ce sujet dans le discours inaugural de la
première ministre, Pauline Marois. Après avoir reconnu qu’ « avoir un
logement décent à un coût raisonnable constitue un besoin fondamental »
et qu’elle voulait en ce sens « accélérer la réalisation de logements
sociaux afin de les rendre disponibles le plus rapidement possible »,
la première ministre a déclaré : « À terme, nous visons 3 000 logements
sociaux, abordables ou coopératifs, de plus par année ».
S’il aurait préféré que Mme Marois parle ouvertement de « droit au
logement », c’est surtout la référence aux 3 000 logements qui surprend
le FRAPRU. Véronique Laflamme, organisatrice au regroupement national,
s’en explique : « Dans sa plate-forme électorale, le Parti québécois
s’engageait textuellement à construire au moins 3 000 logements sociaux
par année. Mme Marois a remplacé les mots « au moins 3 000 » par « à
terme 3 000 », ouvrant ainsi la possibilité que l’engagement du PQ ne
s’applique pas intégralement au départ. Et pourquoi la première
ministre introduit-elle maintenant la notion de « logements
abordables » qui était absente de son engagement électoral, alors que
l’expérience récente a démontré que ce terme signifiait des subventions
à des promoteurs privés pour qu’ils construisent des logements locatifs
pouvant se louer plus de 1 000 par mois? ». Elle a précisé que, pour sa
part, le FRAPRU considérait les problèmes de logement suffisamment
majeurs pour justifier la réalisation de 50 000 nouveaux logements
sociaux en cinq ans.
Au tour de Québec et de Montréal
La Commission populaire itinérante, qui a déjà tenu des audiences dans 9
des 17 régions administratives du Québec, s’arrête, cette semaine, dans
les villes de Québec et de Montréal où se concentrent 47 % des
locataires de la province. Une cinquantaine d’organisations devraient
au total s’y faire entendre, tout comme une quarantaine de locataires
aux prises avec des problèmes de logement et de personnes itinérantes.
Le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, rappelle que « depuis
ses débuts, le 12 octobre, la Commission populaire itinérante a entendu
parler de plusieurs violations au droit au logement, comme
l’inaccessibilité financière des logements, l’insalubrité d’une
proportion inquiétante des appartements, la discrimination exercée lors
de la location des logements et le harcèlement à l’égard de locataires
vulnérables ». Il ajoute que « d’autres dimensions de la problématique
du logement devraient être davantage mises en lumière cette semaine,
notamment la situation désastreuse vécue par les ménages issus de
l’immigration, de même que l’aggravation du problème de l’itinérance
qui, à Québec comme à Montréal, entraîne un débordement des ressources
qui viennent en aide aux sans-abri et pas juste durant les gros froids
d’hiver ». Le FRAPRU s’attend aussi à ce que l’embourgeoisement de
plusieurs quartiers populaires fasse l’objet de dénonciations dans deux
villes où la construction de condominiums dépasse maintenant de loin
celle de logements locatifs.
L’audience de Québec aura lieu le lundi 5 novembre, de 14h00 à 17h00 et
de 18h30 à 21h30, à l’École nationale d’administration publique (ÉNAP),
555 boulevard Charest est. Quant à celle de Montréal, elle se déroulera
le mercredi 7 novembre, de 13h30 à 16h30 et de 18h30 à 21h30, au Centre
Saint-Pierre, 1205, rue de la Visitation.
La Commission populaire itinérante sur le droit au logement poursuivra
par la suite sa visite des 17 régions administratives du Québec, en se
rendant à Sherbrooke, Sainte-Thérèse, Lévis, Joliette, Longueuil et
Rouyn-Noranda. Elle terminera ses travaux le 23 novembre dans la
communauté anishnabe de Lac-Simon, en Abitibi-Témiscamingue. Elle
rédigera ensuite un rapport qui sera remis aux gouvernements fédéral et
québécois.
Pour plus d’informations :
François Saillant : (514) 919-2843 (cellulaire)
Véronique Laflamme (418) 956-3403 (cellulaire)
www.commissionpopulairefrapru.org; Twitter : #cpi_frapru
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