Le vendredi 26 octobre 2012
Inquiétudes quant au plein respect du droit au logement au Saguenay-Lac Saint-Jean
SAGUENAY, QC, le 25 oct. 2012 – La Commission populaire
itinérante sur le droit au logement entendra, ce soir, à l’Hôtel
Chicoutimi, les mémoires d’organismes préoccupés de son respect au
Saguenay-Lac Saint-Jean, ainsi que les témoignages de personnes
locataires directement aux prises avec des problèmes d’habitation dans
la région.
La Commission, formée à l’initiative du Front d’action populaire en
réaménagement urbain (FRAPRU), fait présentement le tour des 17 régions
administratives du Québec afin de juger du respect ou non du droit au
logement et de son impact sur d’autres droits comme ceux à
l’alimentation, la santé, la sécurité ou l’égalité. Un rapport sera
ensuite remis aux gouvernements fédéral et québécois avant leurs
budgets de mars 2013.
Logements à Saguenay
L’audience du Saguenay-Lac Saint-Jean est organisée en collaboration
avec Loge m’entraide. Sa coordonnatrice, Sonia Côté, estime que
plusieurs sujets d’inquiétude risquent d’être soulevés dans une région
où le tiers des ménages est locataire, ce pourcentage montant à près de
38 % dans le cas de Saguenay : « La pénurie actuelle de logements
locatifs est assurément un sujet de préoccupations, au moins à
Saguenay. C’est la 5ième année où le taux de logement inoccupés, qui devrait être de 3 % pour
être considéré comme équilibré, est sous la barre des 2 % ».
Elle ajoute que la rareté d’appartements à louer est une des raisons qui
expliquent que le coût moyen des logements ait augmenté de 17 %, depuis
le recensement de 2006. Or, 8 010 ménages locataires devaient déjà
consacrer plus de 30 % de leur revenu pour se loger, dont 3520 plus de
50 %.
Selon Mme Côté, « la hausse du coût du logement, alimentée par la
pénurie, est sûrement l’une des raisons qui expliquent que le nombre
de causes pour non-paiement de loyer ait augmenté de 15 % au bureau de
la Régie du logement à Saguenay entre 2006 et 2011, passant de 523 à
602 ».
Les responsabilités des gouvernements
François Saillant, coordonnateur du FRAPRU, a, pour sa part, mis en
lumière les responsabilités des gouvernements dans le respect, la mise
en œuvre et la promotion du droit au logement : « En endossant le Pacte
international sur les droits économiques, sociaux et culturels, qui
reconnaît explicitement le droit au logement, nos gouvernements se sont
engagés à y consacrer le maximum de leurs ressources disponibles.
Peut-on sérieusement affirmer qu’ils le font, lorsqu’ils ne financent
que 2 500 logements sociaux pour tout le Québec, comme c’est le cas en
2012-2013. Ne reconnaissent-ils pas eux-mêmes que 261 000 ménages
locataires ont des besoins impérieux de logement, dont 4 100 à
Saguenay, et qu’ils pourraient de ce fait être éligibles à un logement
subventionné ? »
Selon le FRAPRU, non seulement les gouvernements doivent-ils financer un
plus grand nombre de nouveaux logements sociaux qu’ils ne le font
présentement, mais ils ont aussi la responsabilité de protéger ceux qui
existent déjà, de manière à ce qu’ils puissent continuer à servir aux
personnes et aux familles qui y habitent déjà et à toutes celles qui en
auront besoin à l’avenir.
François Saillant ne cache pas son inquiétude face à l’attitude du
gouvernement conservateur de Stephen Harper qui « fait la sourde
oreille face aux demandes des groupes comme le FRAPRU et Loge
m’entraide qui le pressent de s’engager, dès maintenant, à prolonger
les subventions à long terme qu’il accorde aux logements sociaux
construits au Canada, avant 1994 ». Or, ces subventions ont commencé à
prendre une fin. Pour le moment, seule une minime partie des logements
a été touchée, mais ce nombre augmentera considérablement au cours des
prochaines années.
À terme, 127 000 logements sociaux auront perdu leurs subventions
fédérales au Québec. Au Saguenay-Lac Saint-Jean, le phénomène aura
touché 3 915 logements en HLM, près de 1 000 en coopératives
d’habitation et un nombre probablement similaire en OSBL, pour un total
approximatif de 6 000 unités. Le FRAPRU craint que ce soit
l’accessibilité financière de ces logements sociaux qui souffre le plus
de retrait du gouvernement fédéral.
Une Commission indépendante
Même si elle a été initiée par le FRAPRU, la Commission populaire
itinérante sur le droit au logement est indépendante. Elle est formée
de quatorze personnes de différents horizons dont trois siégeront à
Saguenay. Il s’agit de Jean-Marc Piotte, professeur émérite du
département de science politique de l’UQAM et auteur de nombreux
articles et livres, de Marcel Duhaime, représentant de la Ligue des
droits et libertés du Québec, et de Joan Tremblay, présidente du
Collectif pour un Québec sans pauvreté.
Manifestation nationale, vendredi matin
Demain matin (vendredi 26 octobre) à 9h45, une cinquantaine de membres
du FRAPRU venus de plusieurs régions au Québec se joindront aux
militants et aux militantes de Loge m’entraide pour manifester en face
du bureau de circonscription du ministre responsable de l’Habitation,
Sylvain Gaudreault, dans l’arrondissement Jonquière.
Renseignements :
François Saillant, FRAPRU, (514) 919-2843
Sonia Côté, Loge m’entraide (418) 543-1893
http://www.commissionpopulairefrapru.org
twitter : #cpi-frapru
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