Le jeudi 25 octobre 2012
Enbridge lève le voile sur ses intentions d’exporter le pétrole des sables bitumineux vers le Québec
Montréal, le 24 octobre 2012 – Les véritables
intentions d’Enbridge, au sujet de la Ligne 9, ont été révélées hier
dans un document soumis à l’Office national de l’énergie. La compagnie
pétrolière a bel et bien l’ambition de renverser le flux du pétrole,
dans cette portion d’oléoduc, pour l’acheminer vers Montréal. Elle
entend également changer la nature du pétrole qui y sera transporté. Le
brut conventionnel sera remplacé par du brut en provenance des sables
bitumineux, beaucoup plus dommageable pour les infrastructures et
l’environnement. De plus, la quantité acheminée augmentera de manière
significative.
« Il y a à peine 4 mois, Enbridge jurait dur comme fer que le
renversement du flux du pétrole ne visait ni le Québec, ni les sables
bitumineux. Or, la compagnie admet aujourd’hui que c’est exactement de
ça dont il s’agit : acheminer le pétrole sale des sables bitumineux
jusqu’au Québec ! », a déclaré Steven Guilbeault d’Équiterre. « Comme
l’avais promis le gouvernement précédent, nous demandons une
participation active du gouvernement du Québec dans l’évaluation
environnementale de ce projet ».
« Québec ne peut d’un côté vouloir réduire ses émissions de gaz à
effet de serre (GES) et de l’autre favoriser l’expansion des sables
bitumineux d’où provient un pétrole qui émet 22% plus de GES que le
pétrole conventionnel », a affirmé Patrick Bonin, porte-parole
Climat-Énergie de Greenpeace . « À cela s’ajoute les risques de
déversements majeurs sur le sol et dans l’eau et les impacts de
l’augmentation de la pollution de l’air liée au raffinage de ce pétrole
extrêmement polluant. »
Le pétrole en provenance des sables bitumineux est plus corrosif et
abrasif, donc plus dommageable pour les canalisations. Par conséquent,
les terres agricoles et les nappes phréatiques situées le long de la
Ligne 9 sont plus vulnérables aux déversements. De plus, lorsqu’un
déversement survient, le pétrole des sables bitumineux est beaucoup plus
difficile et coûteux à nettoyer que le pétrole conventionnel, et il est
plus nocif pour l’environnement et la santé humaine. Au Québec, la
Rivière des Mille-Îles, la Rivière des Prairies, le Lac des
Deux-Montagnes, le Parc national des Iles-de-Boucherville et le Fleuve
St-Laurent sont tous à risques face à ce projet. Leur pollution pourrait
menacer l’approvisionnement en eau potable de millions de personnes.
« Il est maintenant évident que ce projet menace l’approvisionnement
en eau potable de millions de personnes », a ajouté Adam Scott de
l’organisme Environmental Defence. « L’exportation de pétrole brut plus
abrasif vers les États-Unis pourrait résulter en des déversements plus
fréquents. »
Au printemps dernier, des audiences publiques ont été tenues en
Ontario au sujet de la « phase 1 » du renversement de la Ligne 9, entre
Sarnia et Hamilton. Enbridge soutenait alors que le pétrole acheminé
dans ce tronçon serait du brut léger ou conventionnel. L’Office national
de l’énergie a donc omis de considérer les risques accrus de
déversement posés par le brut des sables bitumineux. Or, dans le
document rendu public hier, Enbridge a confirmé qu’elle a demandé la
permission de changer la nature du pétrole acheminé dans la Ligne 9,
pour y inclure du brut lourd pouvant provenir des sables bitumineux.
De plus, la volonté d’Enbridge d’augmenter à 300 000 barils par jour
le volume de pétrole transporté par la Ligne 9 laisse entendre que ce
sera à des fins d’exportation, et non de raffinage au Canada. En effet,
la capacité quotidienne maximale de la Ligne 9 correspond à plus du
double de ce qui est actuellement raffiné à Montréal.
Des documents obtenus récemment en vertu de la Loi sur l’accès à
l’information révèlent que des diplomates canadiens ont effectué des
démarches auprès des autorités du Maine, pour qu’elles autorisent le
renversement du flux de l’oléoduc jusqu’à Portland, ce qui implique
l’exportation du pétrole à travers cet État.
« Le public a été tenu à l’écart des décisions d’Enbridge tout au
long du processus. Compte tenu du piètre bilan de cette firme en matière
de déversements et de transparence politique, pourquoi les Québécois
devraient-ils lui faire confiance ? », a conclu M. Guilbeault.
-30-
Complément d’information :
Pour voir le tracé de la Ligne 9 :
Pour obtenir une fiche d’information détaillée sur la Ligne 9 :
Pour de l’information sur les sables bitumineux
Pour plus d’information :
Catherine Vézina, Relations médias, Greenpeace, 514-212-5749
Loïc Dehoux, Relations médias, Équiterre, 514 605 2000
Du même auteur
Dans le cadre de l’Année mondiale de l’astronomie
Communiqué
24 mars 2009
Enbridge lève le voile sur ses intentions d’exporter le pétrole des sables bitumineux vers le Québec
Pour être davantage sensibilisé à la saine alimentation
Communiqué
31 mars 2009
Enbridge lève le voile sur ses intentions d’exporter le pétrole des sables bitumineux vers le Québec
4 québécois sur 5 croient qu’une personne atteinte de schizophrénie ne peut pas vivre au sein de la communauté
Communiqué
1 avril 2009
Enbridge lève le voile sur ses intentions d’exporter le pétrole des sables bitumineux vers le Québec