Le mardi 23 octobre 2012
Une commission populaire vérifie si le droit au logement est mis à mal en Mauricie
SHAWINIGAN, QC, le 22 oct. 2012 – C’est à Shawinigan que la
Commission populaire itinérante sur le droit au logement, qui parcourt
présentement les 17 régions administratives du Québec, a mené son
enquête sur la situation de l’habitation en Mauricie. La commission a
entendu les témoignages de personnes directement aux prises avec des
problèmes de logement, de même que d’organismes intervenant auprès de
populations susceptibles de vivre de telles difficultés. Elle a ainsi
pu vérifier jusqu’à quel point le droit au logement est ou non respecté
dans la région et comment cela influe sur d’autres droits par exemple
ceux à l’alimentation, à la santé, à la sécurité, à l’égalité ou même à
l’éducation.
La commission a été formée à l’initiative du Front d’action populaire en
réaménagement urbain (FRAPRU), mais elle en est indépendante. Elle est
composée de 14 personnes aux horizons très divers. Au terme de sa
tournée, le 23 novembre, elle rédigera un rapport contenant à la fois
des observations et des recommandations. Celui-ci sera soumis aux
gouvernements fédéral et québécois avant leurs budgets prévus pour mars
2013. En Mauricie, la commission était représentée par Jean Trudelle,
qui était, jusqu’en juin 2012, président de la Fédération nationale des
enseignants et des enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN), Shirley Roy,
professeure titulaire au Département de sociologie de l’UQAM et
responsable du Collectif de recherche sur l’itinérance, la pauvreté et
l’exclusion sociale, ainsi que Dolores Durbau qui est engagée depuis
plusieurs années dans le milieu communautaire à Montréal.
Diane Vermette, coordonnatrice du Comité logement Trois-Rivières, qui a
organisé l’audience de Shawinigan en collaboration avec le FRAPRU,
estime qu’un des problèmes qui devrait attirer l’attention des
commissaires est l’incapacité de payer d’une large partie des
locataires dans une région où le taux de chômage est présentement de
9,2 % et celui d’aide sociale de 10 % : « Lors du recensement de 2006,
15 900 ménages locataires payaient plus de 30 % de leur revenu en loyer
dont 6 315 plus de 50 %, ce qui ne peut se faire qu’au détriment de
leurs autres besoins essentiels. Or, le coût moyen du logement a,
depuis ce moment, augmenté de 16,7 % à Shawinigan et 15,4 % dans la
région métropolitaine de Trois-Rivières.
Mme Vermette s’est dite particulièrement préoccupée de ce qu’elle
appelle « l’explosion du nombre d’évictions pour non-paiement de
loyer »: « En l’espace de cinq ans, de 2006 à 2011, le nombre de causes
déposées par des propriétaires pour non-paiement de loyer a augmenté de
41,5 % aux deux bureaux mauriciens de la Régie du logement. À
Shawinigan, seulement, la hausse a été de 48,3 %, alors qu’elle a été
de 39,4 % à Trois-Rivières. Que signifie la sécurité d’occupation, qui
est un élément essentiel du droit au logement, dans un tel contexte? »
Le droit au logement passe par des gestes concrets
Jean-Claude Laporte, organisateur au FRAPRU, estime que les
gouvernements, tant fédéral que québécois, doivent faire davantage
assurer le respect et la mise en œuvre du droit au logement et de tous
les droits qui y sont reliés : « Peut-on considérer que les
gouvernements consacrent le maximum de leurs ressources disponibles au
respect de ce droit quand ils ne financent conjointement que 2 500
nouveaux logements sociaux à l’échelle du Québec? Ne reconnaissent-ils
pas que 6500 ménages ont des besoins impérieux de logement dans la
seule région de Trois-Rivières et que ce nombre s’élève à 261 000 pour
tout le Québec ? »
C’est la raison pour laquelle le FRAPRU demande au gouvernement péquiste
de Pauline Marois de non seulement respecter son engagement d’augmenter
le nombre de logements sociaux financés annuellement à 3000, mais
d’augmenter substantiellement cette cible, dès son premier budget.
Quant au gouvernement fédéral, M. Laporte se dit « estomaqué » qu’il
n’accorde au Québec que moins de 58 millions $ par année pour la
construction de nouveaux logements sociaux et la rénovation
domiciliaire : « Jamais au cours des dix dernières années, le
gouvernement fédéral n’a-t-il accordé des sommes si minimes au Québec
pour aider les personnes et les familles aux prises avec des problèmes
de logement. Et le pire, c’est que la situation pourrait s’aggraver si
le gouvernement Harper continue de refuser de prolonger les subventions
à long terme qu’Ottawa accorde depuis des décennies aux logements
sociaux existants. Ces subventions se termineront graduellement dans
les prochaines années, ce qui pourrait notamment avoir des conséquences
sur l’accessibilité financière du parc actuel de logements sociaux.
Il souligne que la fin des subventions à long terme du gouvernement
fédéral affectera à terme 3 446 logements de type HLM en Mauricie, de
même que 267 logements coopératifs et un nombre probablement encore
plus grand de logements gérés par des organismes à but non lucratif.
Renseignements :
Jean-Claude Laporte, FRAPRU, (514) 231-2309
Diane Vermette, Comité logement de Trois-Rivières, (819) 697-9731 (cellulaire); (819) 694-6976
www.commissionpopulairefrapru.org
Twitter : #cpi_frapru
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