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Communiqué

QUÉBEC, le 11 oct. 2012  – Oui, éliminer la pauvreté au Québec est possible! Afin de mettre à
nouveau ce grand projet social à l’avant-scène, le Collectif pour un
Québec sans pauvreté présente Pour que la solidarité mette fin à la pauvreté. Six idées qui changent
le monde
. L’évènement, qui réunira ce dimanche 14 octobre des personnalités et
des spécialistes locaux et internationaux sur la scène du Gesù, se veut
un temps de réflexion collective pour favoriser l’émergence de
nouvelles avenues solidaires pour mettre fin à la pauvreté.




L’émergence de nouvelles avenues ne peut se faire sans établir au
préalable quelques constats. Le politologue, économiste et
altermondialiste bien connu Riccardo Petrella estime que « la pauvreté
n’est pas un fait naturel. Elle est construite et maintenue par les
sociétés, spécialement les plus injustes, comme les États-Unis, le
Congo ou la Russie. Le Québec, tout comme le Canada, n’échappe pas à
cette règle ». Si la pauvreté n’est pas naturelle, il est donc possible
de déclarer illégaux les mécanismes qui la créent.



En parallèle à cela, il est essentiel de mieux expliquer les méfaits de
la pauvreté sur l’ensemble de la société et de repenser les liens qui
nous unissent, à l’instar de Laure Waridel, sociologue spécialisée en
environnement et pionnière du commerce équitable et de la consommation
responsable au Québec. « Quand on y regarde de plus près, nous sommes
tous pauvres de quelque chose et cette pauvreté n’est pas toujours
économique. Voilà pourquoi la solidarité nous enrichit tous de
multiples manières. Chaque individu fait partie de la société; en ce
sens, nous sommes tous les uns les autres. Alors, laisser la pauvreté
dévorer les uns, c’est nécessairement la laisser NOUS dévorer ».



Une telle vision de l’interdépendance entraîne inévitablement des
questionnements à propos de nos manières de vivre collectivement.
Vivian Labrie, chercheure autonome et membre du Centre d’étude sur la
pauvreté et l’exclusion (CEPE), propose justement une réflexion en
profondeur visant à développer le réflexe de penser autrement pour
assurer le bien-être de touTEs. « Au-delà de notre rapport
incontournable à l’argent, c’est tout l’équilibre du doux et du dur qui
est à reconsidérer, dans nos vies et entre nous, vers un monde sans
pauvreté, plus riche pour tout le monde et plus riche de tout son
monde. La bonne nouvelle, c’est que ça peut être bon à vivre ».



Réaliser une telle transformation sociale serait évidemment bénéfique
pour les premières personnes concernées par la pauvreté, c’est-à-dire
celles qui la vivent. De l’avis du Comité AVEC, qui regroupe des
personnes en situation de pauvreté, des intervenantEs et des
chercheurEs, un changement de cet ordre, en plus d’améliorer les
conditions d’existence des personnes pauvres, favoriserait leur
inclusion. En fait, « si touTEs les décideurEs considéraient les
personnes qui vivent la pauvreté comme des expertes de leur situation
et, par conséquent, appliquaient le principe qui consiste à penser,
décider et agir avec elles pour trouver des solutions viables, ce ne
sont pas seulement les personnes en situation de pauvreté qui en
profiteraient, mais bien l’ensemble de la société ».



Ce « pensons, décidons et agissons ensemble! » doit nécessairement
inclure « ceux qui reviennent de loin », pour reprendre l’expression de
l’auteur-compositeur-interprète Dan Bigras. Ces gens, jeunes et moins
jeunes, qui ont connu la rue et, surtout, l’indifférence, en ont long à
dire et leurs histoires sont pleines d’enseignements sur la route d’un
Québec débarrassé de la pauvreté. Des histoires que l’on entend peu,
car, comme l’affirme Julian Boal, l’une des figures de proue
internationales du théâtre participatif, éducatif et militant,
« l’oppression, qu’elle soit sexiste, raciste, économique ou autre,
s’accompagne toujours d’un interdit : celui, imposé aux oppriméEs, de
ne pouvoir se raconter eux-mêmes ». Heureusement, il existe des
pratiques, des méthodes et des techniques qui s’apparentent au Théâtre
de l’opprimé, lui qui « cherche à briser le monopole de la scène comme
une étape dans la lutte contre tous les monopoles du savoir, des
médias, de la politique et du pouvoir », pour faire en sorte que de
plus en plus de gens soient acteurs de leur vie, et de notre histoire
commune.



Bref, près de dix ans après l’adoption unanime de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale par l’Assemblée nationale, rarement l’idée d’éliminer la pauvreté au
Québec aura repris un souffle aussi puissant.




Renseignements :

Martin Michaud, responsable des communications. Cellulaire : 418-254-7238.
Courriel : communications@pauvrete.qc.ca. Site Internet : www.pauvrete.qc.ca


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