Le mardi 3 juillet 2012
Le FRAPRU trace son bilan du 1er juillet 2012: le sort du logement locatif dépend de celui du logement social
MONTRÉAL, le 2 juill. 2012 – Comme les investisseurs privés
se désintéressent du logement locatif, la possibilité pour les
locataires d’arriver à se loger dépend de plus en plus des
investissements gouvernementaux dans le domaine du logement social.
C’est le constat que le Front d’action populaire en réaménagement
urbain (FRAPRU) fait dans son bilan de la longue fin de semaine des
déménagements au Québec.
François Saillant, coordonnateur du FRAPRU, souligne la diminution
constante de la construction de logements locatifs privés: « À peine 7
161 logements locatifs privés ont été mis en chantier au Québec en
2011. C’est 32 % de moins qu’en 2007. Dans la région métropolitaine de
Montréal, la diminution a été de 58 % et sur l’île même de 78 %. Dans
les régions de Québec et de Gatineau, la baisse a respectivement été de
50 % et 56 %. Or, la situation s’annonce encore pire en 2012. Sur l’île
de Montréal, par exemple, à peine 160 logements locatifs privés ont été
mis en chantier au cours des cinq premiers mois de l’année. C’est 49 %
de moins qu’à pareille date l’an dernier ».
Le FRAPRU précise aussi que, malgré la sévère pénurie de logements
locatifs qui frappe l’Abitibi et la Côte-Nord, en 2011, pas un
seul appartement n’a été mis en chantier à Amos, 4 à Rouyn-Noranda et
12 à Sept-Îles. Au cours du premier trimestre de 2012, le chiffre a été
de 0 partout ».
Selon le FRAPRU, dans les régions métropolitaines de Montréal, Québec et
Gatineau, les promoteurs privés demeurent davantage intéressés par le
marché des copropriétés divises, puisque le profit y est immédiat et
encore très juteux. De janvier à mai 2012, il y a eu 14 fois plus de
mises en chantier d’unités de copropriétés que de logements locatifs
sur l’île de Montréal, de même qu’à Longueuil. L’an dernier, la
construction d’unités de condominiums a aussi dépassé celle
d’appartements à louer à Québec (2,5 fois plus) et à Gatineau (2 fois
plus). À Québec, la construction d’unités de condominiums a été 3,2
fois supérieure à celle de logements locatifs, au cours du premier
trimestre de 2012.
Le FRAPRU estime que la construction de logements locatifs ne remontera
pas nécessairement, lorsque celle de copropriétés chutera, comme le
prévoient plusieurs observateurs. François Saillant considère que «
l’abandon du logement locatif privé est une tendance lourde ». À son
avis, elle s’explique très largement par l’accès à la propriété de la
majorité des locataires qui, par le passé, avaient davantage les moyens
financiers de payer le type de loyer nécessaire pour assurer la
rentabilité d’appartements neufs : « C’est bien beau de construire des
appartements à 1000 $ ou 1200 $ par mois à Montréal, Québec ou
Gatineau, mais encore faut-il qu’il y ait des locataires capables de
les louer ».
À son avis, le sort des locataires dépend maintenant des investissements
gouvernementaux dans le logement social. Données à l’appui, il affirme
que c’est grâce à la mise en chantier de logements coopératifs
subventionnés par les gouvernements si la situation du logement locatif
n’est pas encore plus difficile, surtout à Montréal : « Près de 1 900
logements coopératifs ont été mis en chantier sur l’île de Montréal
entre 2007 et 2011. C’est 30 % de l’ensemble des mises en chantier
d’appartements à louer. En 2011, ce pourcentage a été de 52 %, la
construction de 493 logements coopératifs ayant démarré contre celle
d’à peine 454 appartements privés. Si on exclut les résidences pour
personnes âgées, on peut affirmer qu’à Montréal, la construction de
logements locatifs, en particulier pour les familles, repose
essentiellement sur les coopératives ».
Plus d’aide de la part des gouvernements
À la lumière de ces chiffres, le FRAPRU réclame que les gouvernements
accroissent leurs investissements en logement social, avant que la
pénurie de logements locatifs s’aggrave davantage. Au printemps 2011,
le pourcentage de logements inoccupés, qui devrait être de 3 % pour
être considéré comme normal, était de 0,7 % dans les régions
métropolitaines de Québec et de Saguenay, de 2,1 % dans celle de
Gatineau et de 2,2 % dans celle de Montréal. Il était à peine supérieur
à 0 % à Amos (0,1 %), Val d’Or (0,2 %), Rouyn-Noranda, Sept-Îles et
Salaberry-de-Valleyfield (0,3 %).
C’est ce qui explique que, pour une douzième année consécutive, des
ménages aient fait appel à des organismes publics ou communautaires
parce qu’ils n’arrivaient pas à se trouver un logement. Autour de 215
ménages ont réclamé de l’aide pour arriver à se trouver un logement
pour le 1er juillet, dont 47 à Québec, 45 à Sherbrooke, 42 à Rouyn-Noranda et à
Gatineau, ainsi que 28 à Montréal. Quelques ménages ont aussi fait de
même à Val d’Or (5), Saguenay (3), Rimouski (3) et La Prairie (1). Plus
de 80 personnes ou de familles demeureraient sans logis au lendemain du
1er juillet, la grande majorité à Gatineau (41), Rouyn-Noranda (32),
Montréal (5) et Val d’Or (5). Même si bien peu de municipalités
acceptent d’héberger des ménages sans-logis, c’était le cas de 23
d’entre eux à Gatineau, de 2 à Rouyn-Noranda et de 1 à Montréal.
Marie-José Corriveau, organisatrice au FRAPRU, considère que le
gouvernement québécois devrait aider les ménages qui se retrouvent sans
logement, de la même façon qu’il le faisait au début des années 2000,
alors que davantage de locataires se retrouvaient dans cette
situation : « Même si leur nombre est inférieur, les sans-logis de 2012
méritent le même niveau d’aide que ceux et celles de 2001, 2002 ou
2003. Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de payer pour leur
hébergement ou pour l’entreposage de leurs meubles, comme il le faisait
à ce moment? Pourquoi refuse-t-il l’accès à une aide financière
d’urgence à la très majorité de ces personnes et de ces familles, alors
qu’elles y avaient auparavant accès sans restriction? »
Renseignements :
François Saillant, (514) 919-2843, (514) 522-1010
Marie-José Corriveau, (514) 708-1050, (514) 522-1010
À Québec : Véronique Laflamme (418) 956-3403
http://www.frapru.qc.ca
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