Le vendredi 29 avril 2011
Le FRAPRU évalue les engagements des partis sur le logement social : échec lamentable pour Stephen Harper
MONTRÉAL, le 29 avril – « Le parti conservateur de Stephen
Harper est le seul à n’avoir pris aucun engagement officiel en matière
de logement social, ce qui démontre éloquemment son absence complète de
préoccupations pour 1 million de ménages locataires mal-logés et 300
000 personnes itinérantes ». C’est en ces termes que le coordonnateur
du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), François
Saillant, a expliqué la note E attribuée au Parti conservateur du Canada dans le bulletin de fin de
campagne électorale publié par l’organisme.
À l’opposé, le Bloc québécois, le Nouveau parti démocratique et le Parti
vert du Canada se sont fait accorder une note de B, signe que le FRAPRU considère leurs engagements comme répondant bien à
ses demandes. Aucun des partis ne s’est qualifié pour la note A, compte tenu du peu de place accordée aux enjeux de logement et
d’itinérance dans les campagnes nationales de leurs chefs respectifs.
Le Parti libéral du Canada hérite d’une note de passage avec un C.
Le détail du pointage
Parti conservateur du Canada : E. Les enjeux de logement, d’itinérance et de pauvreté ont été totalement
absents de la plate-forme du Parti conservateur et de tous les discours
de Stephen Harper. La seule déclaration un tant soit peu rassurante est
venue en toute fin de campagne du lieutenant québécois de M. Harper,
Christian Paradis, qui a déclaré, dans une entrevue publiée dans Le Courrier Frontenac du 27 avril, qu’un gouvernement conservateur maintiendrait, au cours des
trois prochaines années, les sommes annoncées en 2008 pour les
logements sociaux, en ajoutant qu’« une nouvelle entente administrative
devra être conclue à ce sujet avec Québec ».
Si cette affirmation se concrétisait et que le gouvernement fédéral
poursuivait son financement de la même manière qu’il le fait depuis
2008, 125 millions $ par année iraient annuellement à la construction
proprement dite de logements sociaux. De cette somme, 28,9 millions $
par an iraient au Québec, soit l’équivalent de subventions pour 412
logements sociaux dans le cadre du programme AccèsLogis où les fonds
fédéraux sont utilisés. Selon le FRAPRU, il en aurait fallu beaucoup
plus pour éviter l’échec au Parti conservateur, d’autant plus qu’il ne
s’agit même pas d’un engagement officiel du parti.
Bloc québécois : B. Le Bloc québécois se dit prêt à travailler en faveur d’un «
réinvestissement progressif du gouvernement fédéral jusqu’à l’atteinte
de près de 2 milliards $ par an », ce qui est la demande même du
FRAPRU. Le cadre budgétaire qui accompagne la plate-forme précise que
le Bloc veut accroître le financement du logement social et abordable à
750 millions $ en 2011-2012, 1 milliard $ en 2012-2013 et 1,250
milliard $ en 2013-2014, pour un total de 3 milliards $ en trois ans.
De plus, le Bloc s’est explicitement engagé à travailler à obtenir la
poursuite du soutien financier du gouvernement fédéral pour les
logements sociaux existants, une fois que les ententes à long terme
signées pour leur réalisation auront pris fin. Il propose aussi
d’accroître de 75 millions $ par an l’aide aux organismes
communautaires intervenant en itinérance.
Nouveau parti démocratique : B. Le Nouveau parti démocratique propose de poursuivre l’Initiative en matière de logement abordable et de débloquer des « fonds importants pour les logements sociaux et
abordables ». Au total, ses propositions se chiffrent à 3 milliards $
en quatre ans, soit 500 millions $ la première année et 700 millions $
les trois autres. Le FRAPRU accueille par ailleurs favorablement la
volonté du parti de Jack Layton de mettre en œuvre une législation
reconnaissant explicitement le droit au logement et obligeant le
gouvernement fédéral à proposer une stratégie à long terme dans les
domaines du logement et de l’itinérance.
Parti vert du Canada : B. Le parti dirigé par Élizabeth May propose d’affecter 2,5 milliards $ en
trois ans à un « programme national de logement à prix abordable », en
plus de fournir 900 millions $, aussi en trois ans « pour la promotion
de solutions d’habitation communautaire ». Même si le FRAPRU considère
que ces engagements sont importants, il regrette que le Parti vert ne
propose pas clairement de diriger l’aide fédérale vers le logement
social, qui, par son caractère à but non lucratif, représente la seule
façon d’assurer la construction de logements respectant la capacité de
payer des locataires, y compris des ménages à plus faible revenu.
Parti libéral du Canada : C. Le Parti libéral de Michael Ignatieff propose de consacrer 400 millions
$ par année pendant deux ans pour le financement du logement abordable,
ce qui est beaucoup plus bas que les propositions du Bloc, du NPD et du
Parti vert. Pendant ces deux ans, le PLC propose de négocier avec les
provinces et les municipalités en vue d’un nouveau « cadre sur le
logement abordable » prévoyant du financement à long terme qui dépendra
« de la situation financière globale du gouvernement dans les années à
venir ». Il pourrait inclure « de nouvelles approches, dont des
incitatifs fiscaux », ce qui inquiète le FRAPRU, compte tenu de l’échec
de cette formule par le passé.
Renseignements:
François Saillant (514) 522-1010; (514) 919-2843 (cellulaire)
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