Le jeudi 6 janvier 2011
La FEUQ et la FAÉCUM réagissent à la proposition de M. Lacroix : « L’ancien recteur erre et s’enlise en demandant la déréglementation des frais de scolarité »
MONTRÉAL, le 5 janv. – « C’est le même vieux disque que
M. Robert Lacroix et ses acolytes s’entêtent à nous répéter en espérant
nous convaincre que la seule solution au problème de financement des
universités, c’est pelleter le fardeau du financement universitaire sur
le dos des étudiants. La pochette est luxueuse, mais les chanteurs
sonnent faux ». C’est ainsi que Louis-Philippe Savoie, président de la
Fédération étudiante universitaire du Québec, a qualifié les propos
tenus par messieurs Robert Lacroix, Alain Caillé, et Claude
Montmarquette, demandant, encore une fois, une hausse radicale des
frais de scolarité.
En effet, dans une lettre ouverte publiée aujourd’hui dans Le Devoir,
M. Lacroix et ses comparses ressortent encore la même vieille rengaine
et demandent non seulement d’augmenter radicalement les frais de
scolarité, mais de laisser aux universités la liberté de déterminer
eux-mêmes les frais qu’ils vont exiger des étudiants afin de favoriser
le financement de la recherche pour les universités québécoises.
Pourtant dans une entrevue dans la presse montréalaise, les professeurs
danois Matthiessen et Plume ont démontré clairement que les frais de
scolarité n’avaient aucun lien avec la performance en recherche. Avec
la proposition de déréglementation de M. Lacroix, les frais de
scolarité tripleraient au minimum.
« Le raccourci intellectuel utilisé pour demander la déréglementation
relève de la haute voltige et aura comme conséquence de réserver
l’accès à l’université aux riches et aux nantis. Elle éliminera de
facto des bancs des universités jeunes en provenance de la classe
moyenne et des milieux moins favorisés. Ce que ces messieurs proposent,
c’est de remonter 45 ans dans le passé alors que seulement les fils
provenant de familles aisées pouvaient espérer faire des études
universitaires. Ce n’est pas ce que souhaitent les Québécois pour leur
propre société », a précisé Marc-André Ross, secrétaire général de la
Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de
Montréal (FAÉCUM).
De plus, la FEUQ se pose la question sur l’utilisation qui sera faite de
cette nouvelle augmentation faramineuse des frais de scolarité. Car
s’il y a un problème au point de vue du financement de la recherche, ce
n’est pas aux étudiants à en assumer les coûts alors que la recherche
est majoritairement financée par les fonds subventionnaires et le
secteur privé. « Déjà, les recteurs détournent une partie de la
subvention de fonctionnement des universités vers les immobilisations.
Est-ce qu’ils vont aussi détourner l’argent devant servir à
l’enseignement vers les laboratoires de recherches ? Les universités
devront avant toute chose démontrer qu’elles utilisent l’argent public
aux fins prévues et non pour entrer dans une concurrence malsaine », a
poursuivi M. Savoie
Finalement, la FEUQ remet en question les chiffres avancés par la
Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec
(CREPUQ) dont M. Lacroix et compagnie s’appuient pour justifier leur
propos. Prenant comme référence l’année universitaire 2007-2008, la
CREPUQ omet sciemment de tenir compte des réinvestissements tant
gouvernementaux qu’étudiants dans les universités à partir de cette
même année. « On dirait que ces messieurs ont une mémoire des plus
sélectives. Ils ont sciemment oublié que les étudiants auront investi
plus de 600 millions de plus dans les universités de 2007 à 2012 et
plus de 220 millions récurrents. Cet oubli démontre clairement leur
mauvaise foi », a conclu M. Ross.
Depuis plus de 20 ans, la FEUQ représente les étudiantes et les
étudiants universitaires du Québec. Composée de 15 associations membres
et forte de plus de 125 000 membres, la FEUQ est le plus important
groupe jeunesse au Québec. www.feuq.qc.ca
Depuis plus de 30 ans, la Fédération des associations étudiantes du
campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) défend et promeut les
droits et intérêts académiques, politiques, sociaux et économiques des
étudiants. Forte de 84 associations qui représentent 36 500 membres, la
FAÉCUM est la plus importante association étudiante de campus au
Québec.
Renseignements:
Mathieu Le Blanc, attaché de presse FEUQ, bureau : (514) 396-3380, Cell. : (514) 609-3380
attpresse@feuq.qc.ca
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