Le mardi 30 novembre 2010
Services sociaux : Quand le MSSS, l’Agence de Montréal et les CSSS permettront-t-ils aux personnes ayant des limitations fonctionnelles de vivre dans la dignité?
Ex aequo dévoile les résultats d’une importante enquête sur les services de soutien à domicile (SAD)
MONTRÉAL, le 30 nov. – Le réseau de la santé et des
services sociaux ne répond que partiellement aux besoins des personnes
ayant une déficience motrice et ne tient pas compte, de manière
générale, de leur volonté de participer activement à la société, de
leur capacité d’être incluses socialement et de leur contribution
potentielle. Voilà les résultats d’une recherche-action, menée par
l’organisme Ex aequo en 2009-2010, dévoilés dans le cadre d’un colloque
sur le soutien à domicile qui se tient aujourd’hui. Ces constats
corroborent les revendications du milieu associatif mille fois
répétées. Alors que l’on s’attarde au « mourir dans la dignité », quand
se préoccupera-t-on vraiment du « vivre dans la dignité »?
En conséquence, Ex aequo exhorte l’Agence de la santé et des services sociaux de
Montréal et les CSSS notamment à :
adopter le principe de l’inclusion sociale;
cesser rapidement les réductions totales ou partielles de services;
accroître le nombre d’heures et améliorer la qualité des services;
cesser la tarification des services de SAD;
faire cesser les menaces d’institutionnalisation;
développer un outil d’évaluation des besoins, humain et non uniquement
médical et administratif, qui tient compte des facteurs d’inclusion
sociale;
implanter des modalités de prestation des services flexibles qui
permettent l’inclusion sociale, tel que le Chèque emploi-service (CES).
Des résultats importants du sondage auprès de 270 répondants et de 40 participants à des groupes
de discussions révèlent, entre autres, que:
il existe un déficit de 868 heures par semaine de services de soutien à
domicile entre les heures estimées nécessaires par les 241 répondants qui reçoivent des services et celles accordées par les CSSS;
il existe une attente moyenne de 14 mois pour les 29 répondants qui ne
recevaient pas ces services;
l’entourage compense, gratuitement et presque entièrement, le déficit
hebdomadaire entre les heures estimées nécessaires et celles accordées
(840 heures);
la présence d’un proche empêche l’obtention de services ou l’intensité
requise des services;
l’outil d’évaluation, basé sur la perte d’autonomie, ne respecte pas
l’objectif de la participation sociale et le libre choix des individus,
plusieurs fois affirmés dans les outils législatifs;
la formation du personnel qui évalue les besoins et de celui qui
dispense les services n’est pas adéquate, et ce, tant du point de vue
humain que technique;
un grand nombre d’intervenants, auxiliaires et préposés ont des
attitudes irrespectueuses, notamment l’intimidation et les menaces, qui
illustrent l’ampleur de ces manquements;
l’information est peu transmise aux usagers et à leurs proches en ce qui
concerne les explications des différents modes de prestation de
services et le processus pour déposer une plainte en cas
d’insatisfaction;
des réductions totales ou partielles de services et des fermetures de
dossiers sont fréquentes.
Les personnes ayant des limitations fonctionnelles (handicapées) sont exposées, dès leur naissance, leur accident ou leur maladie, à
l’exclusion, la discrimination, la pauvreté, l’injustice, les luttes
quotidiennes et incessantes, ainsi qu’à l’impunité d’un trop grand
nombre d’intervenants, auxiliaires et préposés. Leurs droits sont lésés
à bien des égards, même si des lois et politiques leur reconnaissent
tous les droits fondamentaux, économiques, sociaux et culturels.
Témoignages saisissants issus des groupes de discussion de la
recherche-action:
- J’ai coupé mes activités parce que je n’ai plus de services toutes les
semaines. J’ai socialisé moins cet hiver… la solitude, ça commence à me
peser… - Je déteste le mot d’« aidant naturel ». Ce n’est pas naturel, ça n’a
jamais été naturel. J’ai voulu être mère, je n’ai pas voulu être
aidante naturelle, infirmière, docteur… - …je ne suis pas un handicapé, je suis un handi-capable…
- J’annule mes possibilités d’avancement économique parce que le système
ne répond pas, n’est pas capable de répondre à mon besoin. - C’est fait pour les personnes âgées. Ils veulent évaluer le degré de
perte d’autonomie, alors qu’on a toujours dit que l’on est en quête
d’autonomie. - Aussitôt qu’on se montre intéressé par quelque chose, c’est tout de
suite les menaces… - Tant que le gouvernement va vouloir baisser les heures de services par
individu, on n’arrivera jamais à l’inclusion pleine et entière. - Elle disait : « …mais oublie pas qu’on a le gros bout du bâton pour te
placer. » Là, j’ai dit : « Oh non! Je n’endurerai pas la violence
psychologique. »
Ex aequo croit qu’il faut travailler conjointement afin d’élaborer une
planification et une organisation novatrices des services de soutien à
domicile.
Enfin, l’organisme souhaite le ralliement d’un grand nombre de citoyens
et citoyennes, impliqués à tous les niveaux et concernés de près par
ces services, afin de convaincre les élus et les dirigeants de la
gravité de la situation et de la nécessité d’y consacrer les ressources
appropriées, dans le respect humain auquel toute personne aspire.
Ex aequo est un organisme qui, depuis 30 ans, a pour mission la
promotion et la défense des droits des personnes ayant une déficience
motrice.
Pour connaître tous les détails de cette recherche-action ou pour mieux
connaître l’organisme, visitez la page web suivante : http://exaequo.net/spip.php?article14
Renseignements:
Marc-André Burelle-Favron, agent de promotion, Ex aequo, 514 929-4300
Médias : Marie-Claude Normandin, responsable des communications, Ex aequo, 514 836-2019
courriel :exaequo@bellnet.ca
www.exaequo.net
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