Le vendredi 15 octobre 2010
Plan d’action ciblé en itinérance de Montréal: Des objectifs ambitieux !
Le Plan d’action ciblé en itinérance que la Ville
de Montréal a adopté le 8 octobre dernier et rendu publique hier
contient plusieurs mesures intéressantes. Sur le logement social, les
maisons de chambres et le lieu de répit/dégrisement, la ville reprend en
actions ciblées des besoins exprimés par le milieu. Sur la
judiciarisation, le bât blesse, des actions pertinentes sont
identifiées, mais pas celle essentielle de la révision de la
règlementation. Ce plan, qui a une courte échéance de deux ans,
2011-2013, vise aux dires même de ses artisans à produire des livrables :
11 mesures à réaliser d’ici deux ans.
Logement social : La barre est haute
Le point fort du plan réside dans ses objectifs en
logement. La Ville veut ajouter 700 unités de logements sociaux au parc
de logements destinés aux personnes en situation ou à risque
d’itinérance, dont 300 unités passant par la sauvegarde de maisons de
chambres. Ces objectifs sont importants et nécessiteront un
accroissement des investissements par les gouvernements supérieurs en
logement social, de même qu’en soutien communautaire.
Parmi les autres mesures, soulignons celles de
l’appui à la mise en place d’un lieu de répit/dégrisement, de même que
le développement d’interventions pour les communautés autochtones et
inuite, particulièrement pour les femmes de ce dernier groupe.
Profilage social : Entre le déni et tolérance zéro
La question de la judiciarisation est aussi au cœur
du plan de la Ville, et du lancement de celui-ci, fait par le maire et
le chef du SPVM, Marc Parent, mais est bien moins intéressante. D’entrée
de jeu, le maire a affirmé « il y en a (des personnes) qui commencent à
parler de profilage social, c’est inacceptable de parler comme cela ».
Les gens dont le maire parle ainsi sont la Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse du Québec et le Barreau du Québec
qui dénoncent ce phénomène.
La Ville compte beaucoup sur son Équipe mobile de
référence et d’intervention en itinérance (EMRII), équipe mixte
d’agentEs du SPVM et d’intervenantEs du CSSS Jeanne-Mance, pour
développer des nouvelles orientations en matière d’itinérance et
d’espace public. Cette approche, tout autant prometteuse qu’elle puisse
être, ne remplace pas la nécessité de revoir la règlementation et les
guides d’application de celle-ci utilisés à l’endroit des personnes
itinérantes. Ceux-ci sont au cœur du profilage social comme l’a étayé
la CDPDJQ dans son avis publié en novembre dernier.
Un outil pour progresser
Dans son choix de prioriser 11 mesures, la Ville ne
prétend pas tout inclure et ne dispose pas des responsabilités relevant
d’autres niveaux de gouvernements. Le Plan, ainsi que le maire lors du
lancement, nomment clairement le besoin d’une Politique en itinérance et
des demandes relevant du gouvernement du Québec, dont le financement
des organismes, celui du soutien communautaire et celui d’AccèsLogis
pour un total de 29 millions $.
La Ville exprime aussi l’urgence de la mise en
œuvre du programme fédéral de Stratégie de partenariats de lutte à
l’itinérance, avec un budget augmenté à 21 millions $ par an pour
2011-2014.
La Ville reprend dans son plan plusieurs demandes
de notre milieu pour un total de 50 millions $ par an pour Montréal. Ces
demandes, qui reflètent la hauteur des besoins croissants, doivent
trouver réponse. En les reprenant, la ville se donne une obligation de
les porter, ce qui est une contribution essentielle pour que nous
puissions progresser face à celles-ci.
Ce travail de pression pour les demandes face à
Québec et Ottawa, comme le progrès des mesures relevant de l’action de
la Ville qui sont dans le Plan… et celles qui ne sont pas dans le Plan
mais qui devraient l’être, seront à suivre avec vigilance. Le RAPSIM le
fera.
Pierre Gaudreau,
coordonnateur du RAPSIM
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