Le jeudi 15 octobre 2009
Faire d’une pierre, deux coups…
octobre 2009 – « Se libérer de notre dépendance au pétrole d’ici 2030 ». C’est
la proposition que fait aujourd’hui Équiterre au gouvernement du Québec et à
toute la société québécoise. Dans son document « Pour un Québec libéré du
pétrole en 2030 », Équiterre analyse les perspectives pétrolières
internationales, la dynamique de consommation québécoise et les impacts
socio-économiques, stratégiques et environnementaux de la dépendance au pétrole
du Québec. Alors que s’est terminée une longue période de pétrole à bon marché,
Équiterre propose plusieurs grands chantiers afin de protéger l’économie du
Québec et du même souffle, de lutter contre les changements climatiques tout en
augmentant la qualité de vie et la compétitivité de la société québécoise. Pour
Équiterre, on ne peut plus opposer économie et environnement : les deux vont de
pair. C’est d’ailleurs cette vision que présentera dans quelques semaines
Équiterre à la commission parlementaire portant sur les cibles québécoises de
réduction d’émissions de gaz à effet de serre, à l’horizon 2020.
L’or
noir sera de plus en plus convoité et rare
À l’heure actuelle, quelque 85
millions de barils de pétrole sont consommés par jour (mbl/j) et les scénarios
les plus conservateurs prévoient que la demande mondiale s’établira à quelque
106 mb/j en 2030. « D’ici 2030, pour compenser le déclin des champs pétroliers
et de combler la hausse de la demande, notamment dans les pays en développement,
il faudrait découvrir et/ou mettre en exploitation l’équivalent de six fois la
production actuelle totale de l’Arabie Saoudite », explique Hugo Séguin,
coordonnateur Choix collectifs d’Équiterre. « À défaut, l’offre et la demande
seront équilibrées par une hausse des prix beaucoup plus élevée que les
scénarios des grandes agences internationales, qui prévoient déjà un prix du
baril à plus de 100$ d’ici 2015 ».
La fin du pétrole à bon
marché
« La plupart des analystes s’entendent pour dire que l’ère du pétrole
à bon marché est bel et bien révolue. Pour limiter les conséquences sur
l’économie québécoise et pour assurer notre sécurité énergétique, il est
primordial que le Québec s’engage à réduire sa dépendance au pétrole, qui aura
d’ailleurs coûté plus de 15 milliards de dollars en 2008. Il faut protéger notre
économie, conserver une partie de plus en plus importante des sommes colossales
exportées chaque année hors de nos frontières pour se procurer du pétrole,
restructurer notre économie et la rendre plus efficace, plus concurrentielle»,
explique Hugo Séguin, coordonnateur aux choix collectifs d’Équiterre.
Le
Québec : en mauvaise posture
En plus de peser très lourdement sur la balance
commerciale québécoise, la dépendance du Québec au pétrole est particulièrement
risquée du point de vue stratégique. Deux secteurs névralgiques sont
particulièrement vulnérables : les transports et l’agriculture (dépendants à 98%
et 67% respectivement). Un éventuel problème d’approvisionnement du Québec, un
petit joueur sur les marchés mondiaux, placerait la société dans une situation
précaire au plan de la sécurité énergétique.
Réduire la dépendance au
pétrole pour réduire les GES
Se libérer de la dépendance au pétrole est non
seulement souhaitable sur les plans économique et stratégique, mais a aussi
l’avantage de s’attaquer à la principale source de gaz à effet de serre au
Québec. « Pour nous, il est primordial que la réduction de notre dépendance au
pétrole soit au coeur des plans du gouvernement dans la foulée des consultations
publiques sur les objectifs de réduction des émissions de GES qui s’amorceront
bientôt », ajoute de son côté Steven Guilbeault, coordonnateur général adjoint
d’Équiterre.
De grands chantiers pour un Québec nouveau en
2030
Équiterre propose, entre autres, de revoir l’aménagement urbain pour
permettre à la majorité des familles québécoises de combler leurs besoins en
produits et services essentiels à moins de 500 mètres de leur résidence.
L’organisme souhaite aussi que 80% des Québécois disposent d’une alternative
abordable et attrayante à la voiture solo d’ici 2030 et favoriser les circuits
courts et l’achat local pour ramener à 500 km la distance moyenne parcourue par
les aliments dans nos épiceries. « Nous sommes conscients qu’il s’agit d’un
défi de taille, mais c’est un défi réalisable et surtout essentiel pour
bifurquer du cul-de-sac dans lequel nous sommes engagés, tout en augmentant la
qualité de vie des Québécois », ajoute-t-il.
Pour un Québec libéré du
pétrole en 2030
Pour télécharger le document complet
>>>
Pour consulter le
sommaire exécutif du document >>
– 30 –
Source :
Eveline Trudel-Fugère
Équiterre
514-522-2000
#303
514-605-2000
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