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Chronique

2012 verra surgir une «nouvelle» politique gouvernementale intitulée «Vieillir chez soi».
Depuis quelques mois, consultations et assises se sont multipliées au niveau ministériel. Dans la plupart des avis reçus, les auteurs, associations d’aînés et experts, constatent le manque de soins et de services, de logements ou de transports pour faire face à ce qu’on appelle soit le «vieillissement de la population», présenté comme une nouvelle menace globale, soit les «problèmes» des «personnes âgées», en particulier de plus «dépendantes». Sic, sic et resic!!

C’est vrai qu’il y a insuffisance des politiques publiques. Et je reste persuadé qu’au-delà de leur rhétorique, les politiciens de tous bords constatent eux aussi, parfois dans leur seul for intérieur, la rareté, l’insuffisance et l’inadaptation des services et des soins aux aînés. Mais si nous souhaitons et revendiquons des interventions publiques efficaces, c’est plus loin, plus profond, plus global qu’il faut pousser notre réflexion.

   1. À quelles conditions sociales et politiques le vieillissement démographique de la population du Québec de tous âges peut-il devenir un levier de développement collectif ou, à tout le moins, une simple étape de celui-ci ? ASSEZ DE DRAMATISATION.

   2. Les problèmes des aînés ne sont-ils pas d’abord des problèmes sociaux créés et subis par nos formes d’organisation, nos décisions et nos institutions, des problèmes collectifs davantage liés à notre contrat social défaillant qu’à la négligence, l’ignorance ou la passivité des individus face à la «fatalité de la vieillesse» (resic !) ? ASSEZ DE MYOPIE.

   3. Quand en finira-t-on avec cette catégorisation de «personnes âgées», groupe diversifié, hétéroclite et indéfinissable, dû à quelques démographes et qui depuis près de 100 ans, nous empoisonne par ses effets ? ASSEZ D’ÂGISME.

   4. Enfin, à propos de terminologie stérile, quand arrêtera-t-on de parler de «dépendance», alors qu’il s’agit d’incapacités, le plus souvent réversibles, de «vieillir chez soi», et que la dépendance est aussi une des dimensions positives de ce que nous appelons la solidarité ? ASSEZ DE MANIPULATION ET DE CONFUSION.

Au-delà des services et des soins à fournir parce que c’est le droit des aînés et des autres – à travers des programmes publics budgétairement renforcés et qualitativement plus centrés sur la personne que sur le «système» de santé, Vieillir chez soi suppose une solidarité de voisinage, un renforcement des liens de proximité, une intégration active de tous dans le vie sociale, à tout âge et à pleines capacités.

Ce qui est en cause, c’est le sens du vivre ensemble, de faire société, au lieu de préférer la fragmentation et la discrimination. Vieillir chez soi débouche donc sur un défi politique, au sens le plus large, et interpelle l’ensemble des citoyens et des citoyennes, quels que soient leur âge et leur handicap.

Source : Édito de M. Jean Carette – infolettre Espaces 50+ – février 2012

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