Le jeudi 25 août 2011
Restrictions en transports en commun
Le Gouvernement du Québec a récemment annoncé des investissements sur 5 ans, entre autres, pour le transport en commun. Le montant de près de 3 milliards de $ semble, à première vue, important. Toutefois, compte tenu des besoins à cet égard, plusieurs intervenants se sont publiquement questionné sur les orientations effectives du Gouvernement à cet égard. À titre d’exemple, le seul remplacement des wagons de métro pour Montréal serait estimé à environ 4 milliards $.
Si des projets de transport en commun étaient reportés, voire même annulés en raison de cette décision, on pourrait se questionner sur les impacts de cette dernière sur plusieurs groupes de la population qui ont besoin de se véhiculer et ce, sans nécessairement être en mesure de disposer d’une automobile.
Il en est ainsi des aînés pour qui l’accès au transport demeure une condition importante du maintien de l’autonomie, le transport s’avérant essentiel pour se procurer les biens nécessaires au quotidien, mais également pour d’autres raisons tout aussi légitimes (accomplir son rôle social, celui de citoyen, etc.). Il en est également de même pour les personnes dont les revenus sont moindres – l’émission « Naufragés des villes »en a fait une démonstration éloquente. Ces restrictions sont susceptibles non seulement de ne pas faciliter l’accès au transport, mais aussi de le compliquer, considérant les difficultés à venir pour maintenir en état les équipements ou les améliorer pour rendre un service requis par une population de plus en plus nombreuse.
De plus, il est reconnu que d’utiliser le transport en commun représente un facteur stratégique dans la diminution des gaz à effets de serre (GES), élément essentiel dans la lutte aux changements climatiques et d’un réel développement durable. Dans une telle perspective, comment voir le choix de la construction d’autres infrastructures routières annoncées, entre autres, dans le cadre du Plan Nord, construction qui risque carrément d’annuler les redevances assez faibles requises des minières, le coût de ces routes s’élevant à des centaines de millions $ alors que l’État québécois ne devrait recevoir des redevances de 120 millions $ pour les 11 projets de développement minier associés à ce Plan?
Auteur : Nicole Moreau