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Communiqué




Montréal, le 25 janvier 2015 –
Le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal) tient
à réagir au Schéma d’aménagement et de développement (SAD) qui vient
tout juste d’être adopté par le comité exécutif; un document très
important pour la vision d’aménagement du territoire de la métropole. Si
le CRE-Montréal reconnaît des améliorations significatives, plusieurs
éléments de la version préliminaire du SAD n’ont malheureusement pas été
bonifiés. L’organisme considère que le SAD aurait dû comporter plus de
consensus régionaux pour répondre aux défis d’aménagement contemporains.
Advenant que le document soit approuvé par le gouvernement et la
Communauté métropolitaine de Montréal, les défis resteraient nombreux.
Le CRE-Montréal souhaite donc que les prochains documents d’urbanisme
aillent plus loin dans les moyens de mise en œuvre du virage
environnemental et de développement durable.

Un chantier urbanistique pour toutes les municipalités

Le SAD établit des volontés d’aménagement qui devront se traduire par
des gestes concrets dans les documents de planification subséquents.
C’est un véritable chantier urbanistique qui attend les différentes
municipalités. En effet, les 16 municipalités qui composent
l’agglomération de Montréal devront réviser leurs plans d’urbanisme, en
concordance avec le SAD et dans l’idée d’aller plus loin et plus
précisément dans les changements à la gestion urbaine. Considérant que
l’urbanisme est une compétence d’arrondissement, au total, 35 plans
d’urbanisme et chapitres seront à revoir : autant de points tournants
pour le développement durable de l’île. L’adoption de ces plans
d’urbanisme représente la prochaine étape importante de ce processus.

Pour le CRE-Montréal, puisque le SAD reste évasif à plusieurs
endroits, les plans d’urbanisme seront l’occasion de préciser et de
matérialiser des grandes orientations en paramètres d’aménagement qui
auront une incidence directe sur les quartiers, leur verdissement et
leurs qualités.

De grands défis se présentent donc afin d’assurer la cohérence entre
les choix d’intervention, non seulement dans les dossiers sectoriels
(tels que le transport, la protection de l’environnement ou le
commerce), mais aussi en tenant compte des contraintes physiques du
territoire et des aspirations du milieu.

Les espaces verts et bleus, des gains majeurs, un signal encourageant

En ce qui a trait aux espaces verts et aux milieux naturels, le SAD
établit à 10 % la cible de protection des aires terrestres. Cet objectif
constitue une avancée encourageante mais le SAD aurait pu se montrer
plus ambitieux comme le recommandait d’ailleurs la Commission sur le
schéma (cible de 12%). Avec ce nouvel objectif, la Politique de
protection et de mise en valeur des milieux naturels, datant de 2004,
devra faire l’objet d’une mise à jour afin de se donner les moyens
d’atteindre la cible et de la dépasser.

Le CRE-Montréal se réjouit de la protection du golf de Meadowbrook et
du bois Angell contre tout développement immobilier. Par contre, le
CRE-Montréal ne comprend pas pourquoi, dans cette volonté de protéger
ses espaces verts, le SAD change la vocation du Golf d’Anjou.
L’affection industrielle de ce terrain vert est incohérente avec les
gains faits par ailleurs et constitue un recul pour le patrimoine
naturel montréalais. Cela est d’autant plus incompréhensible que le
terrain est situé dans l’un des principaux îlots de chaleur de
l’agglomération.

En matière de lutte aux îlots de chaleur urbains justement, le
document complémentaire reste très vague et ne comporte pas de
disposition précise quant aux mesures à mettre en œuvre. Néanmoins, le
CRE-Montréal considère que le SAD marque une étape de plus vers la
création d’une véritable Trame verte et bleue, en intégrant la
réalisation d’un plan d’action et de financement. La réussite de ce
projet repose sur la participation accrue des acteurs locaux et
régionaux.

La mobilité toujours en travaux

En enchâssant les plans de transport dans leurs plans d’urbanisme,
les municipalités auraient l’occasion d’harmoniser les choix
d’infrastructures et de mobilité en cohérence avec la densification des
quartiers et l’amélioration de la qualité des milieux de vie. Dans ce
sens, la volonté répétée de doter les arrondissements de plans locaux de
déplacements est encourageante tant cet outil a montré sa pertinence,
notamment pour améliorer les déplacements à pied ou à vélo. Les
ressources allouées pour leur réalisation et le rôle qui sera accordé
aux acteurs locaux conditionneront la réussite de ces outils de
planification.


Puisque la réfection de nombreuses rues et artères est prévue, le moment
est tout choisi pour transformer l’espace public en valorisant
l’expérience de marche sur les artères commerciales tout en améliorant
l’intermodalité et les parcours inter-quartiers, et par conséquent, de
le traduire dans les outils d’urbanisme.


Le réseau cyclable d’agglomération est un autre élément n’apparaissant
pas dans le SAD. Par conséquent, le CRE-Montréal considère qu’il devrait
être intégré à tous les plans d’urbanisme.  

La gestion durable du stationnement, encore en définition

Plusieurs éléments restent en suspens, telle que la très attendue
Politique de stationnement, qui, on le comprendra, doit d’abord établir
le portrait diagnostic de l’offre avant de définir des lignes
directrices essentielles pour la question plus large de la mobilité à
Montréal. Le CRE-Montréal salue l’obligation des municipalités de fixer
des normes maximales de stationnement, de prévoir des exigences en
matière de stationnement pour vélos et d’intégrer la question de
l’accessibilité universelle.

Dans le dossier du stationnement, le SAD n’établit pas de critère de
performance quantitatif et reste évasif quant aux cibles réelles.
Souhaitons que des cibles ambitieuses soient fixées, comme par exemple
l’obligation plus contraignante de respecter les critères de la norme
BNQ lors de l’aménagement de stationnements de surface. Le CRE-Montréal
recommande par ailleurs que les freins au développement durable, tels
que l’imposition de ratios minimaux de stationnement infondés, soient
levés, car ils sont au cœur de la dépendance à l’automobile et de la
création d’îlots de chaleur urbains.

Les MontréalaisES, mobilisés pour l’aménagement durable

Le nombre et la qualité des mémoires déposés et des représentations
auprès de la Commission témoignent de l’intérêt de la population
montréalaise pour l’aménagement durable du territoire. Les prochaines
étapes de planification devront doter les instances municipales d’outils
d’urbanisme à la hauteur des attentes. Le CRE-Montréal, comme d’autres
organismes montréalais, sera au rendez-vous pour appuyer les meilleures
pratiques.

-30-

À propos du CRE-Montréal

Le Conseil régional de l’environnement de Montréal, l’instance
régionale en environnement, est un organisme à but non lucratif
indépendant, consacré à la protection de l’environnement et à la
promotion du développement durable sur l’île de Montréal. Par le
regroupement et la concertation de ses membres, par ses activités de
sensibilisation, de représentation publique et ses différents
projets-action, il contribue à l’amélioration de la qualité des milieux
de vie et de l’équité sociale sur l’île de Montréal. Pour en savoir
plus : www.cremtl.qc.ca

Informations :

Aurore Tanier, chargée de communication et événements, CRE-Montréal
atanier@cremtl.qc.ca  

Tel : 514-842-2890 poste 222 ou cell : 438.877.9117





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