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Communiqué

Montréal, le 9 décembre 2014 – La pauvreté ne
régresse pas à Montréal-Nord, les problèmes de logement non plus. C’est
le constat qu’ont tiré le Front d’action populaire en réaménagement
urbain (FRAPRU) et le Comité logement Montréal-Nord, lors d’une
conférence de presse tenue, aujourd’hui, après une action au bureau du
député fédéral, Emmanuel Dubourg. Ils ont appuyé leur affirmation sur
des données inédites provenant de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM), menée en 2011 par Statistique Canada. La conférence de presse s’inscrivait dans une tournée nationale de présentation du Dossier noir sur le logement et la pauvreté publié par le FRAPRU à partir des données de l’ENM.


Marie-José Corriveau, responsable des dossiers montréalais au
regroupement national, a expliqué que 10 590 ménages locataires de
Montréal-Nord doivent consacrer plus de 30 % de leur revenu pour se
loger. Il s’agit de 42,5 % des locataires de l’arrondissement, ce qui
est supérieur à la moyenne enregistrée à l’échelle du Québec (37 %) et
de Montréal (40 %). Selon Mme Corriveau, « les gouvernements eux-mêmes
considèrent que verser plus de 30 % de ses revenus pour se loger oblige
les ménages à couper dans leurs autres besoins essentiels et, au premier
chef, dans la nourriture; or, c’est, mois après mois, le cas de plus de
4 ménages locataires sur 10 à Montréal-Nord ».


Elle a ajouté qu’« une part significative
de ces ménages vivent une réalité encore plus extrême, 5135 d’entre eux
engloutissant plus de moitié de leur revenu en loyer dont 2215 plus de
80 % ». Il s’agit, dans ce dernier cas d’une augmentation de 18 % par
rapport au recensement de 2006.


Selon le FRAPRU, les ménages locataires de Montréal-Nord ont un
revenu médian de 9 % inférieur à la moyenne montréalaise, alors que le
loyer médian, lui, n’est que de 5 % plus bas. « C’est cette pauvreté qui
explique que les problèmes de logement soient encore plus dramatiques à
Montréal-Nord; or, elle, ne se résorbe pas, puisque le revenu n’y a
augmenté que de 6,6 % entre 2006 et 2011, alors que le loyer, lui,
progressait de 9,4 % », a conclu Marie-José Corriveau.


Des ménages encore plus durement touchés


Marie-Éve Lemire, coordonnatrice du Comité logement Montréal-Nord, a,
pour sa part, dressé le portrait des ménages les plus touchés par les
problèmes de logement. « Sous les chiffres rendus publics par le FRAPRU
pour Montréal-Nord, on retrouve une nette majorité de femmes locataires,
de personnes vivant seules ou de familles monoparentales, de ménages
âgés entre 15 et 24 ans et, à l’autre bout de la pyramide des âges, de
locataires de 75 ans et plus.


Elle s’est par la suite attardée sur la situation vécue par les
ménages ayant immigré au Canada entre 2006 et 2011 : « Les nouveaux
arrivants représentent plus de 9 % des locataires de Montréal-Nord. Or,
la moitié d’entre eux verse plus que la norme de 30 % de leur revenu en
loyer. Pire encore, 15 % des ménages issus de l’immigration récente sont
condamnés à en payer plus de 80 % ». Comme si ce n’était pas suffisant,
33 % de ces ménages vivent dans un logement de taille insuffisante,
alors que ce pourcentage est de 14 % parmi l’ensemble des locataires de
Montréal-Nord.


Vraiment pas à la hauteur


Dans un autre ordre d’idées, Marie-Ève Lemire a souligné jusqu’à quel
point le marché privé de l’habitation s’est désintéressé des locataires
de Montréal-Nord : « De 2011 à 2013, à peine 7 logements locatifs ont
été mis en chantier à Montréal-Nord, alors que c’était le cas de 326
unités de condominiums. C’est 47 fois moins! »


« La réalisation de nouveaux logements sociaux est incontournable
dans un tel contexte », ajoute-t-elle, en soulignant que « Montréal-Nord
est un enfant pauvre en matière de logement social ». Ce dernier compte
pour 11 % de l’ensemble des logements locatifs à Montréal, mais
uniquement pour 6 % à Montréal-Nord. Marie-Ève Lemire considère que
l’ancienne municipalité paie lourdement pour le refus de nouveaux HLM de
la part de l’ex-maire, Claude Ryan, qui l’a dirigé pendant 38 ans : « 
Il y a un sérieux rattrapage à faire à Montréal-Nord qui compte 1458
ménages en attente de HLM alors que l’arrondissement n’a que 448
logements de ce type ».


Le FRAPRU revendique le financement de 50 000 logements sociaux en
cinq ans au Québec, notamment par la mise sur pied d’un programme
permettant à nouveau la construction de HLM, qui est totalement arrêtée
depuis le début de 1994. Parmi ces logements, 1125 pourraient se
réaliser à Montréal-Nord.


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