Le mardi 7 octobre 2014
Qui, au gouvernement, défend les femmes?
Montréal, le 6 oct. 2014 – À
quelques heures d’une rencontre avec le Secrétariat à la Condition
féminine (SCF) sur la révision de programmes du gouvernement du Québec
en l’absence de la ministre à la Condition féminine, les regroupements
nationaux ont décidé de rendre public leurs soucis quant aux
orientations du gouvernement.
Les regroupements nationaux des groupes de femmes du Québec se demandent
qui au sein du gouvernement défend les intérêts des femmes. Le saccage
des services publics ne fera qu’empirer la situation des femmes. « Les
coupures actuelles et la révision de programmes impliquent une nette
régression sur les avancées des trente dernières années du féminisme »
dénoncent les regroupements. « Le gouvernement ne semble ni documenter
ni se soucier des impacts, présents et à venir, sur les femmes et sur
leur droit à l’égalité. » s’étonnent-elles.
Les programmes sociaux : des outils essentiels pour les femmes
Les programmes sociaux et les services publics compensent pour
l’inégalité des charges sociales supportées par les femmes pour le
bien-être de la famille et des communautés et réduisent les
discriminations qu’elles subissent. Quand le gouvernement augmente le
tarif pour les services de garde, réduit le programme d’aide sociale,
d’aide à domicile ou le soutien aux parents, il affecte la capacité des
femmes à concilier travail, famille et études. Il pénalise au plan
financier les femmes qui assument un rôle d’éducatrice ou de soignante.
En procédant à ces coupures et révisions, le gouvernement ne respecte
plus ses obligations envers le droit des femmes à l’égalité et à la
justice sociale.
Emplois occupés à majorité par des femmes
La perte d’emplois affecte principalement les femmes. Qui travaille
comme éducatrice spécialisée dans les écoles? Qui s’occupe de l’aide aux
devoirs et de l’aide alimentaire? Qui œuvre dans les commissions
scolaires et les agences de santé? En maintien à domicile? En protection
de la jeunesse? En santé mentale? Comme infirmière? Il s’agit d’emplois
occupés en grande majorité par des femmes qui jouent un rôle essentiel
pour la dignité, la santé et le bien-être de la population. En coupant
tous azimuts dans ces domaines, le gouvernement fragilise l’accès des
femmes à l’emploi tout comme leur autonomie et sécurité économiques.
Le retour au rôle traditionnel dans la famille
Ce n’est pas parce ce que l’État se désengage des soins, des services
sociaux et de l’éducation, que la population en a moins besoin. Les
coupes dans les services publics augmentent la charge sur les épaules
des femmes. L’histoire a démontré que pour combler ce vide, les familles
aisées auront recours à des services rendus par des travailleuses très
mal payées et sans véritables protections sociales. Tandis que les
familles à faible revenu tenteront tant bien que mal de combler les
besoins en ayant recours au travail gratuit des femmes de leur
entourage, malgré les conséquences sur leur santé et leur situation
financière.
Les programmes de financement des groupes de femmes
Les groupes de femmes qui offrent un soutien direct aux femmes en
difficulté font face à une augmentation considérable de leur charge de
travail dans un réseau communautaire qui connaît déjà une diminution ou
une stagnation de son financement. Déjà, dans certaines régions, les
femmes ayant perdu récemment leur emploi en raison des coupes ont
commencé à frapper aux portes des groupes de femmes. Parmi elles,
certaines sont privées de l’accès à l’assurance-emploi ou à l’aide
sociale. Et ce n’est que le début… Les travailleuses de ces milieux
vivent une augmentation de la détresse psychologique alors qu’elles sont
appelées à gérer, avec moins de ressources, une situation sociale qui
se dégrade.
De plus, le Programme À égalité pour décider a été amputé de
moitié laissant planer une insécurité pour plusieurs organisations de
femmes quant à leur avenir. On les affaiblit exactement au même moment
où les intérêts des femmes sont attaqués et qu’elles doivent se porter à
leur défense. Les regroupements réitèrent l’importance de préserver les
structures en condition féminine (SCF et Conseil du statut de la femme)
alors que l’égalité n’est pas atteinte.
Le gouvernement interpellé
Les groupes seront à la mobilisation du 31 octobre prévue par la
Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services
publics pour dénoncer le faux dialogue social et le saccage en cours et
pour clamer « L’austérité est un mensonge ».
SOURCE Fédération des femmes du Québec
Renseignements : Pour information : Cybel Richer-Boivin, Fédération des femmes du Québec, 514-717-4847, crboivin@ffq.qc.ca;
Nathalie Goulet, directrice, Conseil d’intervention pour l’accès des
femmes au travail, 514-839-1220; Lydya Assayag, Réseau québécois
d’action pour la santé des femmes, 514-222-2731; Manon Monastesse,
Directrice, Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, 514 242
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