Le mardi 17 juin 2014
Béton et poudre de verre : une innovation québécoise qui pourrait réduire les GES de 20 %
Montréal, 16 juin 2014 – Pour souligner la
mise en service de la première usine de micronisation du verre en
Amérique du Nord (Tricentris), Équiterre et la Maison du développement
durable ont réuni aujourd’hui un panel d’experts pour expliquer les
aspects environnementaux, économiques et technologiques de la
fabrication de la poudre de verre et de son utilisation comme ajout
cimentaire. La poudre de verre peut remplacer jusqu’à 30 % du ciment
dans le béton et pourrait permettre d’améliorer sensiblement sa qualité,
en plus de réduire de 20 % ses émissions de GES et d’offrir un
important débouché au verre recyclé.
Deuxième matière la plus utilisée après l’eau dans le monde, avec de 3
à 5 milliards de mètres cube utilisés par année, le béton est très
polluant. Grâce à cette innovation écologique, entièrement québécoise et
issue d’une entreprise d’économie sociale, le béton pourrait devenir
non seulement moins polluant, mais aussi plus résistant. Appuyée à
toutes les étapes de son développement par la Société des alcools du
Québec, des premières recherches jusqu’à sa commercialisation, la
transformation du verre en poudre de verre, puis en ajout cimentaire,
contribuerait à abaisser le bilan GES des infrastructures et à augmenter
leur rentabilité économique du fait d’une durée de vie plus longue et
de besoins moindres en entretien.
L’usine Tricentris emploie aujourd’hui huit personnes et produit 6
000 tonnes de poudre de verre par année, mais pourrait passer à 30 000
tonnes et à treize employés suite à la construction de la phase 2 du
projet. « Valoriser une matière post consommation pour produire un ajout
cimentaire performant, la poudre de verre, c’est l’avenir », a déclaré
Dominique Bégin, directeur de projet pour Tricentris.
Selon des données de Recyc-Québec, on estime qu’environ 244 000
tonnes de résidus de verre sont générées au Québec par année. « En
fondant en 2005 la Chaire SAQ de valorisation du verre dans les
matériaux, de l’Université de Sherbrooke, nous avons misé sur
l’innovation pour trouver une seconde vie utile au verre récupéré par la
collecte sélective », a déclaré Mario Quintin, directeur du
Développement durable à la Société des alcools du Québec. « Des milliers
d’heures de recherche ont permis de mettre au point une technologie qui
permet d’utiliser le verre concassé ou en poudre pour fabriquer un
béton plus résistant, plus imperméable et plus durable. Cela démontre
qu’investir en recherche et développement, en partenariat avec le génie
québécois, était le bon choix à faire et participe à l’émergence d’une
économie verte », a-t-il poursuivi.
« Le verre de 1 000 bouteilles est entré dans la composition de la
dalle de béton expérimentale installée dans le hall de la MDD. Parmi
toutes les innovations que nous avons réalisées, c’est le projet porteur
du plus grand potentiel environnemental global et nous sommes très
fiers de notre implication dans ce projet, qui représente une percée
importante en bâtiment durable », a déclaré Steven Guilbeault, directeur
principal d’Équiterre.
En plus d’offrir un débouché au verre recyclé, chaque tonne de poudre de
verre remplace une tonne de ciment, évitant autant de GES. « Les
recherches menées à la Maison du développement durable démontrent qu’en
terme de performance, le béton avec poudre de verre se compare
avantageusement au béton conventionnel », a déclaré monsieur Arezki
Tagnit-Hamou, professeur titulaire de la Chaire de recherche
industrielle de l’Université de Sherbrooke.
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