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Communiqué


MONTRÉAL, le 4 avril 2014 – À quelques jours des élections
générales, le FRAPRU dresse un bilan de campagne plutôt sombre pour les
ménages mal-logés du Québec.  Non partisan, le regroupement a analysé
les propositions des organisations politiques déjà représentées à
l’Assemblée nationale sur le logement et la lutte à la pauvreté et,
selon lui, les engagements des trois principaux partis sont loin d’être
à la hauteur des besoins.


Le FRAPRU juge que seul Québec Solidaire a pris la juste mesure du défi
en promettant le réalisation écologique de 50 000 logements sociaux et
un revenu minimum garanti qui assurerait un rehaussement significatif
du revenu des ménages actuellement sur l’aide sociale.  Le regroupement
accorde la seconde place au Parti Québécois pour son engagement à
réaliser 15 000 logements abordables en 5 ans, qui, à en croire
plusieurs candidates et candidats de Montréal et de Québec, sont
essentiellement des logements sociaux.  Il aura toutefois fallu une
lettre adressée à leur cheffe, Pauline Marois, pour obtenir cette
clarification qui n’a par ailleurs jamais été diffusée sur le site web
du parti.  Le Parti libéral de Philippe Couillard arrive derrière parce
que dans son cas, il aura fallu des interventions répétées du FRAPRU
pour attirer son attention sur les besoins en logements sociaux et
finalement obtenir de sa part la promesse qu’il ferait « au moins
autant que le PQ ».  Quant à la Coalition Avenir Québec, elle arrive
bonne dernière, avec tout juste la note de passage, parce que, même si
elle a confirmé par écrit au FRAPRU qu’« il y a des besoins réels en
matière de logement social », elle n’a pris nulle part l’engagement
d’en développer des nouveaux.

COALITION AVENIR QUÉBEC  :  LE CANCRE, AVEC UN « D »


Dans sa réponse au FRAPRU, la Coalition Avenir Québec de François
Legault convient « qu’il faut poursuivre les investissements alloués au
développement du logement social », mais ajoute que « cela doit se
faire dans le respect de la capacité de payer du gouvernement ».  Selon
le FRAPRU, un besoin aussi fondamental que le logement ne devrait pas
être négocié de la sorte.  « Le droit au logement, à la santé et à
l’éducation sont intimement reliés », précise la porte-parole de
l’organisme, Marie-José Corriveau.  « Et question budget, rappelons que
le Québec pourrait tout à fait financer la réalisation de 10 000
logement sociaux par année s’il révisait sa fiscalité, notamment en
remettant en place la taxe sur le capital consentie aux institutions
financières depuis 2011; par ce seul moyen, Québec récupèrerait les 600
millions $ par année nécessaires à la réalisation de 7000 logements
sociaux, à ajouter à ceux déjà financés », indique madame Corriveau.


Le FRAPRU est également insatisfait des réponses de la Coalition
concernant la lutte à l’itinérance et à l’exclusion sociale qui
s’appuient essentiellement sur le travail des groupes communautaires. 
Selon sa porte-parole, « ces défis doivent être relevés par le
gouvernement et tous les ministères concernés; ils ne doivent pas être
repoussés dans la cour de groupes communautaires sous-financés et à la
merci des pouvoirs publics ».

PARTI LIBÉRAL DU QUÉBEC : EN 3E POSITION, AVEC « C – »

Le Parti libéral du Québec se voit attribuer un « C – » parce que son
chef, Philippe Couillard, interpelé à plusieurs reprises par des
militantes et des militants du FRAPRU devant les médias, a finalement
consenti à promettre — du bout des lèvres — « la même chose que le PQ
pour le logement social et même plus, grâce à la création d’emplois que
notre parti génèrera ».  Interrogé pour savoir quand il allait mettre
ça par écrit, M. Couillard a répondu au FRAPRU « qu’il avait sa
parole ».


Le FRAPRU est agacé par cette esquive.  « Le refus de monsieur Couillard
de
confirmer son engagement pour le logement social ressemble drôlement
à une tentative de désengagement », constate la porte-parole des
mal-logéEs. « C’est d’autant plus suspect qu’il n’a pas hésité à mettre
par écrit ses promesses de subventions aux propriétaires, pour l’achat
d’une première maison et pour la rénovation domicilaire »,
précise-t-elle. Toutefois, l’organisme reconnaît que les gouvernements
libéraux n’ont pas interrompu le financement de nouveaux logements
sociaux entre 2004 et 2012.

PARTI QUÉBÉCOIS :  EN 2E POSITION AVEC UN « C + »


Le PQ se voit attribué un « C + » parce que son engagement pour venir en
aide aux ménages mal-logés ne « représente qu’une fraction de ce qui
est nécessaire», selon la porte-parole du FRAPRU, « et qu’à se rythme,
ça va prendre 150 ans pour répondre aux besoins les plus urgents ».


Bien qu’il apprécie que le PQ n’ait pas attendu ses pressions pour
inclure le logement dans sa plateforme, l’organisme regrette que sa
promesse conserve des zones d’ombres.  Il constate que l’équipe de
Pauline Marois annonce « 15 000 logements abordables au cours des 5
prochaines années » et veut «  soutenir la construction de logements
sociaux pour les personnes en situation d’itinérance », mais qu’aucun
rectificatif n’a été apporté pour confirmer qu’il s’agit, dans tous les
cas, de logements sociaux sans but lucratif.  Le FRAPRU craint en effet
qu’un gouvernement péquiste ne relance un programme comme Logement
abordable Québec — privé, du début des années 2000, qui avait mené à la
construction de logements dont les loyers se situaient à plus de 1000 $
par mois. « Quand il s’agit de venir en aide aux ménages propriétaires,
les engagements du PQ sont pourtant clairs et limpides », ajoute madame
Corriveau.


Autrement, le FRAPRU constate que le Parti Québécois ne propose rien
pour redresser le tort fait aux personnes assistées sociales âgées de
55 à 58 ans.  « On les a privé d’un cinquième de leur maigre revenu au
printemps 2013 et en échange, le gouvernement de Pauline Marois leur a
promis 50 $ de plus par mois… au bout de trois ans », rappelle la
représentante de l’organisme.

QUÉBEC SOLIDAIRE :  1E POSITION AVEC UN « A »


C’est Québec Solidaire qui reçoit la meilleure note, un « A ».  Selon le
FRAPRU, c’est le seul parti qui propose de s’attaquer aux différentes
facettes des problèmes de logement des ménages locataires. QS promet
« la construction écologique de 50 000 logements sociaux pour toutes
les catégories de la population », l’adoption d’une « politique globale
en itinérance, incluant les autochtones en milieu urbain », de
« financer suffisamment la Régie du logement et (d’établir) des délais
raisonnables pour le traitement des causes des locataires » et de
« créer registre national des baux ».  « Ce sont des outils depuis
longtemps réclamés par les comités logement pour réaliser pleinement le
droit au logement au Québec.


Le FRAPRU constate également que seul Québec Solidaire propose une
solution concrète pour rehausser le revenu des personnes assistées
sociales qui ont actuellement une prestation de base de seulement 610 $
par mois, en mettant en place un programme de revenu minimum garanti de
12 600 $ par an.  Il apprécie aussi la révision en profondeur de la
fiscalité québécoise promise par les solidaires, pour mieux financer
l’ensemble des programmes sociaux.  Selon le groupe logement, pour
réduire les écarts entre les plus pauvres et les plus riches et mieux
redistribuer la richesse, il faut mettre à contribution les
contribuables les plus fortunéEs et les grandes entreprises qui
bénéficient actuellement d’abris fiscaux inaccessibles à la plupart des
contribuables.  En ce sens, il participe activement à la campagne en
cours de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation
des services publics « 10 milliards $ de solutions : nous avons les
moyens de faire autrement ».


Toutefois, le FRAPRU constate qu’aucun de ces quatre partis n’a pris
l’engagement d’inscrire le droit au logement dans la Charte québécoise
des droits et libertés et de renforcer la portée juridique de celle-ci.

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