Le vendredi 21 février 2014
Budget Marceau: le FRAPRU trouve les engagements péquistes très timides
MONTRÉAL, le 20 févr. 2014 – Le Front d’action populaire en
réaménagement urbain considère « très timides » les engagements pris
par le Parti québécois en matière de logement social. Il s’offusque par
ailleurs de l’absence de toute préoccupation pour la redistribution de
la richesse dans le budget présenté par le ministre des Finances,
Nicolas Marceau.
Marie-José Corriveau, organisatrice au FRAPRU, commente en ces termes
les engagements pris en faveur du logement social: « Avec ce budget, le
PQ avait l’occasion de démontrer sa volonté de faire bien davantage, au
cours d’un prochain mandat, pour s’attaquer aux problèmes de logement
qui sévissent au Québec. Il s’est contenté du minimum, en augmentant de
3000 à 3250 le nombre de logements sociaux qui seront financés l’an
prochain. Il n’a même pas donné suite à la demande d’un plan
d’investissements sur plusieurs années, pourtant portée par tous les
intervenants en habitation, dont les grandes municipalités. »
L’organisme précise que 480 000 ménages locataires québécois consacrent
plus de 30 % de leur revenu en loyer, ce qui, en principe, les rend
éligibles à un logement social. « À coup de 3250 logements sociaux, ça
va prendre 148 ans, uniquement pour s’attaquer aux problèmes actuels »,
ironise Mme Corriveau. L’organisme salue néanmoins le financement, à
l’intérieur de ces 3250 logements, de 500 logements spécifiquement
destinés à la lutte contre l’itinérance.
Le FRAPRU ajoute qu’il reviendra à la charge, au cours de la campagne
électorale, pour obtenir des engagements plus ambitieux de la part du
PQ.
Pas de lutte contre les inégalités
Le FRAPRU se montre plus cinglant sur l’absence de volonté de réduire
les inégalités sociales. Selon Véronique Laflamme, aussi porte-parole
du FRAPRU, « le budget représente un recul par rapport à la plate-forme
péquiste de 2012 qui, au moins, s’engageait à imposer davantage les
contribuables à plus haut revenu, à instaurer une imposition plus
équitable sur les gains de capital et à abolir l’injuste taxe santé ».
Elle ajoute que « de toute évidence, le PQ est davantage préoccupé par
l’angoisse fiscale des riches et des grandes compagnies que par celle
des personnes et des familles qui vivent la pauvreté ».
Le FRAPRU est outré qu’aucune mesure de lutte d’augmentation des revenus
des plus pauvres n’ait été annoncée dans le budget, le PQ se contentant
de la mince bonification des prestations d’aide sociale annoncée à
l’automne 2013, alors que le gouvernement lui-même reconnaît qu’en
2017, au terme de cette bonification, les personnes seules à l’aide
sociale ne recevront que 52,5 % de ce qui leur est indispensable pour
vivre.
L’organisme craint par ailleurs que les programmes sociaux et les
services publics, qui permettent une certaine redistribution de la
richesse, fassent les frais de la politique d’austérité dans laquelle
le budget semble engager encore plus le parti dirigé par Pauline
Marois. L’augmentation importantes des tarifs des garderies annoncée
dans le budget donne, à son avis, un avant-goût de ce qui attend la
population.
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