Le mercredi 5 décembre 2012
Homicide familial à Drummondville – À quand des ressources de supervision de droits d’accès?
MONTRÉAL, le 4 déc. 2012 – Ces dernières semaines, le
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale a
rencontré les cabinets de la ministre de la Famille, Madame Léger, et
du ministre de la Santé et des Services sociaux, Monsieur Hébert, ainsi
que Monsieur St-Arnaud, titulaire de la Justice, pour les presser de
rendre accessibles des services de supervision de droits d’accès
partout au Québec. « Le triple homicide survenu ce week-end près de
Drummondville, la douleur dans laquelle se retrouve cette famille, nous
rappelle cruellement la nécessité de services de supervision
accessibles et de qualité» souligne Nathalie Villeneuve, présidente du
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.
« Le drame que vit actuellement cette famille n’est malheureusement pas
le premier. Déjà en mars 2011, Yaneth Hernandez Constanza Gallego était
poignardée à mort par son ex-conjoint sous les yeux de ses fillettes de
2 et 4 ans et d’une amie qui l’accompagnait, dans un stationnement
aussi à Drummondville », rappelle-t-elle.
Une revendication de longue date, qui commande une réponse
Dès le début des années 2000, un comité interministériel analysait les
besoins du Québec en matière de supervision des droits d’accès. Dix ans
plus tard, l’émission Enquête, diffusée à Radio-Canada il y a un mois, traçait un portrait troublant
de ces ressources qui, sans un financement et un encadrement adéquats,
n’arrivent malheureusement pas à assumer le délicat mandat qui leur est
confié. Dans certaines régions, Lanaudière et l’Abitibi-Témiscamingue,
aucune ressource n’existe. Les juges de la Cour supérieure n’ont
parfois d’autre choix que de confier la supervision à des membres de la
famille ou tout simplement de permettre à des parents jugés inadéquats
de voir leurs enfants sans supervision. Toutes ces situations ne
finissent heureusement pas par un homicide, mais chaque semaine des
femmes et enfants, qui ont fui la violence conjugale, craignent les
menaces d’un homme, qui profite de ses droits d’accès pour continuer à
menacer son ex-conjointe ou ses enfants. À l’instar du Regroupement, le
Comité d’experts sur les homicides intrafamiliaux recommandait, il y a
une dizaine de jours, de rendre accessibles ces services dans toutes
les régions et de s’assurer du suivi des normes de qualité.
Combien de femmes et d’enfants devront continuer à vivre avec la peur au
ventre, combien faudra-t-il encore de morts et de familles endeuillées
pour que nous soyons entendues?
Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
regroupe 47 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire
québécois. Il a pour but de sensibiliser à la violence conjugale, de
défendre les droits des femmes et des enfants violentés, de représenter
ses membres auprès des instances publiques et gouvernementales.
Source : Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Nathalie Villeneuve, présidente
Pour information : Louise Riendeau, 514 220-1057 (cellulaire)
On peut consulter le document La
supervision des droits d’accès ou le morceau manquant du casse-tête :
Pour des services de supervision de droits d’accès accessibles, adaptés
et sécuritaires à l’adresse : maisons-femmes.qc.ca/
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