Le mardi 27 novembre 2012
Réactions aux propos de la première ministre Les groupes demandent un BAPE pour le pipeline d’Enbridge
Montréal, le 26 novembre 2012 – Des groupes
environnementaux, dont Équiterre, Greenpeace Québec, la Fondation David
Suzuki Québec, Nature Québec, l’AQLPA et WWF sont inquiets des propos de
la première ministre concernant le projet de transporter des sables
bitumineux par le pipeline d’Enbridge qui passe sur le territoire
québécois. La récente annonce par madame Marois d’un comité conjoint
entre le Québec et l’Alberta ne répond pas du tout à leur demande de
tenir une évaluation et une consultation indépendante sur le projet.
« Il est clair que dans ce dossier, le Québec doit défendre les
intérêts de ses citoyens et la protection de leur environnement.
L’audience prévue devant l’Office national de l’énergie (ONÉ) ne peut en
aucun cas remplacer une évaluation environnementale rigoureuse et un
examen public en bonne et due forme, a déclaré Sidney Ribaux, directeur
général d’Équiterre. Par ailleurs, il est illusoire de penser qu’un
comité conjoint entre le Québec et l’Alberta pourrait combler les
lacunes de l’ONÉ. Comme l’Alberta veut vendre son pétrole issu des
sables bitumineux, le travail des représentants au sein du comité serait
tout sauf objectif. »
« Au Québec, a poursuivi Patrick Bonin, responsable campagne climat
énergie de Greenpeace Québec, le ministre du Développement durable, de
l’Environnement, des Parcs et de la Faune (MDDEPF) peut demander une
audience du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) sur
toute question qu’il juge pertinente. En campagne électorale, le Parti
Québécois s’était d’ailleurs engagé à réaliser une étude complète de la
filière pétrole au Québec par le BAPE. Il s’agit du véhicule que le
gouvernement doit privilégier pour étudier la question des pipelines des
sables bitumineux au Québec. »
Pour Christian Simard, directeur général de Nature Québec, « Le
gouvernement pourrait exiger des études et mettre en place d’autres
processus en plus de tenir des audiences du BAPE. Il doit exiger d’avoir
un siège au panel de l’Office national de l’énergie qui examinera le
projet d’Enbridge. Toutefois, seule une audience du BAPE, permettra au
gouvernement d’examiner les impacts sur l’environnement, de prendre le
pouls de la population ou de se positionner sur le projet. »
« En l’absence d’une politique pancanadienne sur l’énergie qui
viserait à réduire notre dépendance aux énergies fossiles, nous
demandons au gouvernement du Québec de faire preuve d’une extrême
prudence à l’égard des projets d’oléoducs sur son territoire. Ces
projets auront pour conséquence de nous enfermer encore davantage dans
une économie basée sur le pétrole et vont à l’encontre des objectifs de
réduction des gaz à effet de serre du Québec et de la réalité
climatique de notre planète. », a ajouté Marie-Claude Lemieux,
directrice pour le Québec du Fonds mondial pour la nature ( WWF ).
« Le gouvernement du Québec a des objectifs ambitieux de réduction
des gaz à effet de serre et de diminution de la dépendance au pétrole, a
rappelé André Bélisle, président de l’Association québécoise de lutte
contre la pollution atmosphérique. Au lieu de se dire déterminé à
exploiter le pétrole et vouloir consommer des sables bitumineux, Québec
devrait plutôt expliquer par quels moyens il entend atteindre ses
objectifs pour se débarrasser de sa dépendance à ce dernier ». Le
gouvernement du Québec a l’objectif d’ici 2020 de réduire de 25 % les
gaz à effet de serre par rapport à 1990 et de 30% sa consommation de
pétrole.
A PROPOS DE LA LIGNE 9B D’ENBRIDGE
Enbridge prévoit inverser le flux du pétrole du pipeline Ligne 9, entre
le Québec et l’Ontario, pour acheminer jusqu’à Montréal le pétrole issu
des sables bitumineux.
Pourquoi devrions-nous être préoccupés de l’arrivée du pétrole issu des
sables bitumineux au Québec et de la mise en place du projet d’Enbridge ?
Le pipeline qu’Enbridge veut utiliser est vieux et usé, il a été
construit dans les années 70, il y a près de 40 ans; Ce pipeline a été
construit pour transporter du pétrole léger et non du pétrole lourd
comme celui des sables bitumineux ; Enbridge est responsable du plus
important déversement pétrolier en sol nord-américain, celui de
Kalamazoo au Michigan en 2010, dont les coûts de nettoyage seulement se
sont élevés à plus de 700 millions $.
-30-
Informations:
Loïc Dehoux, Équiterre
514 605 2000
Catherine Vézina, Greenpeace Québec
514 212 5749
Manon Dubois, Fondation David Suzuki
514 679 0821
Louise Lévesque, AQLPA
418-264-5575
Christian Simard, Nature Québec
418 928 1150
Marie-Claude Lemieux, WWF
514 260 6233
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