Le lundi 3 février 2014
Bulletin de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC
Au pays, plus de personnes que jamais survivent à une crise cardiaque ou à un AVC, mais trop peu d’entre elles conservent leurs nouvelles habitudes pourtant essentielles pour prévenir de nouveaux événements cardiovasculaires
Un nouveau sondage de la Fondation montre que même si certains
survivants adoptent de saines habitudes de vie, nombreux sont ceux qui
profiteraient de plus de soutien pour faire face aux obstacles qu’ils
rencontrent dans leur rétablissement et obtenir les meilleurs résultats
possible.
OTTAWA, le 3 févr. 2014 – Selon le Bulletin de santé 2014 de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC (la « Fondation »), plus de personnes que jamais survivent à une crise
cardiaque ou à un AVC. Cependant, le Bulletin montre également que même
après un événement très inquiétant comme une crise cardiaque ou un AVC,
les survivants n’ont pas toujours la capacité d’adopter ou de conserver
de nouveaux comportements d’importance vitale.
Depuis 60 ans, le taux de décès a chuté de plus de 75 %, et près de 40 %
de cette baisse s’est produite dans les 10 dernières années. Cela
signifie que de nos jours, plus de 90 % des gens au pays qui sont
victimes d’une crise cardiaque, et plus de 80 % qui subissent un AVC et
réussissent à se rendre à l’hôpital survivent. L’année dernière
seulement, 165 000 personnes ont survécu à une maladie du cœur ou à un
AVC. Même s’il s’agit d’une bonne nouvelle dont il convient de se
réjouir, il reste beaucoup de travail à accomplir.
Dans le cadre du Bulletin, la Fondation a effectué un sondage* auprès de
2 000 survivants d’une crise cardiaque ou d’un AVC (et auprès de
proches qui ont pu répondre en leur nom). Les questions visaient à
mieux comprendre les comportements sains avant et après un événement
cardiovasculaire. Le sondage montre qu’en ce qui a trait à l’activité
physique, la gestion du stress et le maintien d’un poids santé, les
survivants ont beaucoup de difficultés à adopter ou à conserver ce
nouveau mode de vie sain. Parmi ceux qui devaient modifier leurs
habitudes de vie, plus de 50 % n’ont pas réussi à conserver leurs
nouvelles habitudes ou n’ont même pas essayé. Pourtant, 6 survivants
sur 10 affirment que le fait d’avoir survécu représente pour eux une
deuxième chance, et qu’ils ne tiennent plus leur santé pour acquise.
« Même si nous ne pouvons pas maîtriser tous les facteurs de risque de
maladies cardiovasculaires, il existe des changements sains au mode de
vie qui permettent d’éviter, dans la majorité des cas, une crise
cardiaque ou un AVC, y compris une saine alimentation, l’activité
physique, un environnement sans fumée, une consommation d’alcool
modérée et la gestion du stress, déclare le Dr George Honos, porte-parole de la Fondation, chef du service de
cardiologie et chef adjoint au département de médecine du CHUM. Et les
personnes qui vivent avec une maladie cardiovasculaire devraient faire
de même pour éviter de retourner à l’hôpital. Cependant, nous avons
besoin davantage de la recherche et de l’éducation, ainsi que d’un
environnement qui encourage ces comportements sains. »
Les survivants qui doivent modifier leurs habitudes se heurtent à des
obstacles
Le sondage montre que les survivants doivent faire face à de nombreux
obstacles lorsqu’ils essayent d’adopter et de conserver de nouvelles
habitudes. La plus grande difficulté semble être liée à la motivation.
Il a été défini comme un manque d’intérêt, une impression que les
objectifs ne sont pas réalistes et que trop de changements sont exigés
simultanément. Le manque de motivation découle de plusieurs facteurs.
Il peut s’agir d’anxiété, de dépression, ou de l’impression de ne pas
pouvoir maîtriser la maladie.
Personne n’est à l’abri des maladies du cœur et de l’AVC. Même une
athlète comme Isabelle Brasseur, patineuse artistique ayant participé
aux Jeux olympiques, a eu à composer avec ces maladies, et elle fait
part de ce qu’elle en retient. « Je suis bien placée pour parler de
l’importance des comportements sains pour le cœur. J’ai une maladie
cardiaque congénitale qui a occasionné un arrêt cardiaque. J’ai donc
été obligée de prendre des mesures pour protéger ma santé le mieux
possible. Mon père et mon beau-père ont succombé à une maladie du cœur,
et ma mère a subi deux AVC. Je connais donc bien la souffrance
qu’engendrent ces maladies. Le meilleur conseil que je peux donner est
de déterminer le plus tôt possible ce que vous êtes en mesure de faire
pour réduire votre niveau de risque et de vous inspirer des
recommandations de la Fondation, qui travaille fort pour protéger la
santé de la population. »
La bonne nouvelle, selon notre sondage, est que 7 survivants sur 10
disent avoir un mode de vie un peu plus sain qu’avant leur crise
cardiaque ou leur AVC. Les domaines où les survivants ont le mieux
réussi à effectuer et à conserver des changements sains comprennent une
alimentation plus saine, la cessation du tabagisme et la réduction de
la consommation d’alcool. Il n’en reste pas moins que beaucoup de
survivants ont besoin d’aide pour adopter un mode de vie sain, ou du
moins pour faire les premiers pas dans cette direction. De fait, le
sondage montre que 2 survivants sur 10 disent que leur mode de vie est
le même qu’avant l’événement cardiovasculaire, et 1 sur 10 affirme
qu’il est en moins bonne santé.
En plus du problème de la motivation, le sondage met en lumière d’autres
obstacles que doivent surmonter les survivants, notamment :
L’ignorance quant aux changements à effectuer ou quant à la façon de
procéder;
Les défis associés aux capacités physiques ou cognitives depuis
l’événement cardiovasculaire;
Les obstacles financiers, tels que les coûts relatifs à des aliments
sains et à l’activité physique;
Les contraintes de temps, y compris le manque de temps pour faire de
l’activité physique, ou pour planifier et préparer des repas sains.
La famille compte
Le sondage donne également une bonne idée du rôle central que jouent la
famille et les amis dans le rétablissement des survivants. Plus de
8 survivants sur 10 estiment que le soutien de leur famille a eu une
influence positive sur les changements qu’ils ont apportés à leur mode
de vie.
Louise Boivin, qui a survécu à une crise cardiaque à l’âge de 41 ans, a
pu constater cette grande importance de la famille dans le processus de
rétablissement. « Après ma crise cardiaque, le retour à la maison a été
pour moi un premier pas pour réaliser que la vie continue, et surtout
que j’étais bien en vie! Comme nous étions quelques jours avant Noël,
j’étais bien contente de revenir chez moi et de savoir que j’allais
pouvoir profiter du temps des Fêtes avec ma petite famille, qui m’a
beaucoup appuyée dans cette épreuve. »
Même si s’assurer que les personnes victimes d’une crise cardiaque ou
d’un AVC survivent est une démarche primordiale, il ne s’agit que de la
première étape d’un long cheminement vers le retour à la maison et un
meilleur état de santé. Le soutien de la famille joue un rôle
important, tout comme la réadaptation cardiaque et post-AVC.
Le rôle de la réadaptation
La réadaptation joue un rôle essentiel dans l’amélioration de la
condition des survivants d’une crise cardiaque ou d’un AVC. Il est bien
établi que la réadaptation cardiaque contribue à réduire le taux de
mortalité de 25 % et à améliorer la santé de ceux qui participent au
programme en les aidant à adopter et à conserver de saines habitudes de
vie. Les programmes de réadaptation offrent un soutien qui est lié
directement au changement de comportement associé aux facteurs de
risque qu’on peut maîtriser.
« Nous savons que la réadaptation fonctionne. Son principal avantage est
qu’elle permet aux personnes de survivre. Elle leur permet aussi de se
sentir mieux, et elle contribue à améliorer leur qualité de vie ainsi
qu’à réduire les retours à l’hôpital et les coûts pour le système de
soins de santé », déclare Dr Neville Suskin, directeur médical, Programme de réadaptation cardiaque
de St. Joseph’s Health Care à London en Ontario.
Malheureusement, de nombreux survivants qui pourraient bénéficier de la
réadaptation n’ont pas accès à un programme. Des données probantes
montrent qu’environ un tiers des survivants d’une crise cardiaque qui
sont admissibles à la réadaptation sont orientés vers un programme, et
que seulement 19 % de tous les patients qui ont subi un AVC sont
transférés à un établissement de réadaptation après l’obtention de leur
congé des soins actifs.
Créer plus de survivants
Même si nous avons réalisé des progrès impressionnants et créé plus de
survivants que jamais, il reste encore beaucoup de travail à accomplir.
Nous ne pouvons faire abstraction des 350 000 hospitalisations causées
chaque année par les maladies du cœur et les AVC. Chaque année, environ
50 000 nouveaux cas d’insuffisance cardiaque sont diagnostiqués,
70 000 crises cardiaques surviennent, et 50 000 AVC envoient des
personnes aux urgences de partout au pays. Et beaucoup d’améliorations
sont possibles lorsqu’il s’agit de favoriser le rétablissement le plus
complet des 1,6 million de personnes qui vivent actuellement avec les
séquelles d’une maladie du cœur ou d’un AVC.
« Nous avons collectivement beaucoup appris au fil des ans sur les
maladies du cœur et l’AVC. Nous sommes fiers que la recherche financée
par la Fondation et les initiatives de défense des intérêts de cette
dernière aient contribué à la baisse du taux de mortalité attribuable
aux maladies cardiovasculaires. Je pense par exemple à la détermination
des principaux facteurs de risque modifiables, au développement de
médicaments ou d’interventions efficaces ou au lobbying en faveur de
politiques publiques saines. Nous avons changé les choses à bien des
niveaux, mais nous savons qu’il est encore trop tôt pour crier
victoire », déclare Bobbe Wood, présidente de la Fondation.
Conseils santé pour la population du pays
Tous les facteurs de risque qui mettent en danger la santé de la
population ne sont pas modifiables, mais il est possible de prévenir
jusqu’à 80 % des maladies du cœur et des AVC. Voici les comportements
sains que tout le monde peut adopter pour vivre longtemps… en santé :
Adopter un régime alimentaire sain. Suivez les recommandations du Guide alimentaire canadien.
Être actif physiquement. Il ne vous faut que 30 minutes la plupart des jours de la semaine pour
commencer. Toutes les façons de bouger sont bonnes.
Vivre sans fumée.
Gérer le stress. Cherchez la cause de votre stress, parlez à vos amis et à votre
famille, et n’oubliez pas de prendre du temps pour vous.
Limiter la consommation d’alcool. Si vous êtes une femme, ne prenez pas plus de deux consommations par
jour, pour un maximum hebdomadaire de dix. Si vous êtes un homme, n’en
prenez pas plus de trois par jour, pour un maximum hebdomadaire de
quinze.
La Fondation des maladies du cœur et de l’AVC a pour mission de prévenir
les maladies, de préserver la vie et de favoriser le rétablissement. En
tant qu’organisme bénévole de bienfaisance en santé, nous nous
efforçons chaque jour d’améliorer de façon tangible la santé de toutes
les familles du pays. Ensemble, éliminons les maladies du cœur et les
AVC pour vivre en santé. fmcoeur.ca
Note aux rédacteurs: la vidéo accompagnant ce communiqué est disponible
en téléchargement sur : http://cnw.pathfireondemand.com/viewpackage.action?packageid=762
*Le sondage a été réalisé en ligne par Environics Research Group entre
le 25 novembre et le 3 décembre 2013 auprès d’un échantillon de
2 010 Canadiens. Les répondants ont fait l’objet d’une sélection visant
à déterminer ceux qui ont survécu à une crise cardiaque ou à un AVC
(n = 465), ou ceux dont un membre de la famille immédiate ou un ami
très proche encore vivant a été victime d’une crise cardiaque ou d’un
AVC au cours des 10 dernières années (n = 1 545). On a demandé à ceux
qui étaient un proche d’un survivant de répondre à des questions sur
leur perception des expériences vécues par le survivant.
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