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Événement

Le philosophe Platon raconte qu’il y a plusieurs milliers d’années, les âmes humaines se mirent à se diviser en myriades pour peupler la Terre. Chacune, en se divisant, avait le sentiment confus de perdre quelque chose, comme s’il lui manquait sa moitié. On tira de là le concept des âmes soeurs, et celui de l’amour comme étant la nécessité que ressent tout être humain de rencontrer ce qui autrefois faisait partie de lui-même mais qu’il ne trouve plus désormais.

L’amour n’était ni plus ni moins que la recherche de l’Unité perdue. L’affinité spirituelle qui amena autrefois des âmes à ne faire qu’une, impose qu’elles se rencontrent à nouveau.

Même si cela sonne terriblement romantique, nous tombons tous sous le charme. Nous vivons tous en pensant qu’un jour, avec un peu de chance, nous rencontrerons notre âme soeur, que cette moitié perdue réapparaîtra.
 

Amour céleste, amour terrestre
Platon conseille de rester prudent dans cette recherche incessante, parce que l’amour a coutume de se déguiser. Il y a un Éros céleste et un Éros terrestre.

Le premier est celui qui pousse l’âme à rencontrer celle qui fut un jour partie d’elle-même. L’autre ne cherche que le plaisir, la satisfaction sexuelle, l’instinct, cette soif justifiant tous les moyens.

L’Éros terrestre, cet amour qui ne repose que dans un corps voué au vieillissement, à la maladie et à la mort, ne mène pas au bonheur. Platon était très ambitieux en soutenant que l’Amour était au-delà de l’amour.

L’Amour est Sagesse, l’Amour est Énergie et l’Amour est Vie dans tous les plans que nous connaissons, dans tout ce que nous percevons comme vivant. Platon affirme, comme tous les classiques, qu’une forme spéciale d’amour est l’énergie : une chose est vivante dès qu’il y a de l’énergie en elle, de la cohésion, de l’intelligence, de l’harmonie.

Et dans tout le monde de la connaissance, il existe une forme très spéciale d’amour qui est sagesse. Il ne s’agit pas d’une simple accumulation de données, mais d’une soif de pénétrer les secrets, de rechercher le pourquoi des choses.  


L’échelle de l’amour
Si l’on veut saisir l’idée si particulière que Platon se faisait de l’Amour, il convient, en premier lieu, de concevoir l’énergie, la force comme antérieures à la matière et la Sagesse profonde comme antérieure à la somme des connaissances.

Platon expose une échelle de valeurs que nous trouvons encore très appropriée à notre monde : pour atteindre l’essence de l’Amour, on ne doit pas se préoccuper de savoir si on est encore soumis à la matière et à ses lois ; car il n’y a rien de mal à cela, dès lors qu’on apprend à découvrir la voie de l’ascension. Nombre de philosophes à sa suite expliqueront comment y parvenir et où réside le secret.

Tout d’abord, pour peu qu’on observe un beau corps, on va se rendre compte d’un fait très important : la beauté physique trouve ses racines dans quelque chose de plus profond et de plus subtil.

On ne parviendra jamais à se mettre d’accord sur les canons qui pourraient permettre de définir avec exactitude si quelqu’un est beau ou pas. En général, on dit qu’un individu est beau quand il a quelque chose qui ne relève pas seulement du corps, de la forme, de la stature ou de la couleur des cheveux ni même de la couleur des yeux. C’est la beauté de l’âme qui se reflète à travers le corps.

Emboîtant le pas à Platon, on peut remarquer qu’il n’y a pas seulement de belles âmes mais aussi de belles actions. Certains gestes, certains faits, certains sentiments remplissent totalement l’âme, et on constate que la beauté est au-delà du corps et même au-delà de l’âme, et qu’il est des actions, des évènements, une énergie, une vie qui respirent aussi la beauté.

On peut aussi percevoir la beauté inhérente aux lois de la Nature ; leur degré de perfection, d’harmonie et de bon agencement. On peut vouer de l’amour à la science, à l’art. Et un petit pas de plus conduirait à penser que, en faisant abstraction des corps, des âmes, des actions, des lois et de la science, on parvient au Beau en soi, à l’idée pure, à la Beauté abstraite, nette, immaculée.

Selon Platon, le Beau est égal au Juste, au Bon, au Vrai ; et l’Amour, parce qu’il ne peut faire autrement, recherche le Beau, le Juste, le Bon, le Vrai, en se lançant à sa poursuite.

Voilà ce qu’est l’amour platonique : la rencontre, chez une personne, de la partie de l’âme qui nous manque – mais chez une personne qui incarne pour nous tout le bon, tout le beau, tout le vrai, tout le juste.

Vers un renouveau de l’amour
Vu sous cet angle, de nombreux concepts changent, dont ceux qui concernent la procréation. Il existe plusieurs types de procréation, et non seulement de nouveaux corps peuvent être engendrés mais aussi beaucoup d’autres choses peuvent être générées, telles que des idées, des sentiments, des vertus.

Que se passe-t-il au sein des jeunes générations ? Elles nous réservent une surprise. Si l’on se fie à de nombreux congrès, rencontres, lectures, statistiques et enquêtes, on constate que l’amour platonique, la fidélité, le romantisme, le couple unique font désormais école auprès des jeunes ; et que, curieusement, ils osent même l’exprimer.

Même si personne ne l’avoue, tous aspirent à aimer véritablement. Face à toutes ces conséquences, la jeunesse moderne instaure une nouvelle révolution.

http://acropole.ca/ame-soeur/default.htm

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